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« Le plan envisagé est trop limité pour combler la chute d'activité »

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Publié le 23 février 2009 à 00:27 - Mis à jour le 23 février 2009 à 00:27

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Propos recueillis Par Éric Chol Le plan de relance de 838 milliards de dollars sera-t-il efficace??Celui-ci a déjà reçu de nombreuses modifications et il risque d'en subir de nouvelles. Or ces changements n'ont rien d'anecdotique. Par rapport au projet initial, Barack Obama a accru la part des réductions d'impôts, réduisant celle consacrée aux dépenses publiques, sans doute pour tenter de satisfaire une partie des républicains. Or le débat sur l'efficacité des dépenses consacrées aux infrastructures et les réductions d'impôts est loin d'être tranché. Augmenter le budget des grands travaux est sans doute utile et efficace à long terme, mais il n'est pas évident de dépenser immédiatement beaucoup d'argent dans les infrastructures. À l'inverse, les réductions d'impôts, qui représentent près d'un tiers du plan, sont certes très rapides à mettre en ?uvre, mais elles n'ont qu'un résultat limité, comme on a pu le constater l'an dernier. Au deuxième trimestre 2008, l'État fédéral avait injecté 165 milliards de dollars sous forme de remises d'impôts, dont la majorité en faveur des ménages. Or cet afflux d'argent ne s'est traduit que par une augmentation de 1 % de la consommation?: les ménages, étranglés à l'époque par les prix élevés du pétrole, ont préféré épargner. Le plan vous paraît donc insuffisant??Il y a de nombreuses voix aux États-Unis, dont le Prix Nobel d'économie Paul Krugman, pour penser qu'il faudrait un plan beaucoup plus important si l'on veut éviter que l'économie américaine s'enfonce plus que prévu. Effectivement, si l'on regarde le niveau d'activité depuis 2006 et les prévisions de croissance pour 2009, le niveau du PIB va se trouver très en deçà de son niveau potentiel?: le plan envisagé est trop limité pour combler cet écart. Surtout, il ne peut pas suffire à lui seul?: pour envisager un retour à la normale, il faut que le système financier retrouve son équilibre, grâce notamment aux mesures du plan de sauvetage bancaire. Pour cela, une stabilisation du secteur immobilier est indispensable, ce qui n'est pas acquis?: celui-ci est encore loin d'avoir touché le fond. Si on le compare aux initiatives européennes, le plan de relance américain paraît pourtant beaucoup plus ambitieux?Et pour cause?! En matière de politique budgétaire, les États-Unis sont toujours beaucoup plus réactifs que de ce côté-ci de l'Atlantique. C'est assez compréhensible?: les ménages américains sont nettement moins bien lotis en termes d'assurance chômage, d'assurance-maladie ou de retraites, et le rôle de l'État y est traditionnellement plus faible. Le seul moyen d'éviter la catastrophe passe par une forte activation de la conjoncture.Il faudra quand même régler la facture??C'est une fausse question. D'abord, parce qu'il y a actuellement le feu dans la maison, et qu'il faut donc l'éteindre en injectant des trombes d'eau?: on s'occupera du nettoyage après?! En fait, on va voir les ménages, qui étaient extrêmement endettés, reconstituer peu à peu leur capacité d'épargne, le secteur public prenant le relais. Il s'agit d'une substitution d'argent public à de l'endettement privé. Est-il possible de programmer les premiers effets du plan de relance??Il faudra du temps pour mettre en place les dépenses prévues, qui s'étaleront pour beaucoup entre 2010 et 2011. Tout dépend de la puissance de la stimulation et de l'importance des transferts?: ceux-ci peuvent conduire à un rebond violent de l'activité, mais qu'il ne faudra pas confondre avec une croissance forte. Car, du fait de l'endettement très élevé, les États-Unis ne peuvent plus compter sur une croissance durablement soutenue.

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