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«?Le New Labour est trop important pour être détruit par les disputes internes?»

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Publié le 22 juin 2009 à 23:39 - Mis à jour le 22 juin 2009 à 23:39

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Les actions de renationalisations risquent d'être un pas en arrière pour l'Union européenne.Je ne dis pas que Magna est un mauvais choix, mais leurs priorités coïncident avec les intérêts américains.?»Peter Mandelson, ministre britannique de l'IndustrieGordon Brown a surmonté la rébellion au sein de son propre parti, mais est-ce que le gouvernement britannique est encore suffisamment solide pour gouverner??C'est un gouvernement qui dispose d'une véritable majorité parlementaire. Son mandat est de cinq ans, et il lui reste donc une année. Il peut compter sur un Conseil des ministres uni. Lundi soir, les députés travaillistes ont très largement soutenu le Premier ministre. La demi-douzaine d'entre eux qui s'oppose à lui n'est pas pas représentative.La déstabilisation politique n'est cependant pas une invention?: neuf ministres ont déjà démissionné?Il s'agit effectivement d'une crise qui touche en réalité l'ensemble de notre système politique, de nos partis et de Westminster. Elle a été provoquée par le scandale des notes de frais.Comment décririez-vous votre rôle pendant cette crise??Utile. Depuis les années 1980, quand j'étais directeur de la communication du Parti travailliste, j'ai tout fait pour construire le New Labour, pour sauver le Parti travailliste des ruines dans lesquelles il se trouvait. Aujourd'hui, ce projet est trop important pour être détruit par l'opposition de quelques-uns. On ne peut pas tout jeter à la poubelle à cause de nos disputes internes. Je crois dans le projet du New Labour, et à mes yeux, la meilleure façon de le poursuivre est de soutenir Gordon Brown.Comment le Parti travailliste peut-il gagner les élections??Il nous faut un programme plus fort, plus clair. Nous devons aussi prouver au public que nous pouvons nous comporter de façon collégiale. Si l'opinion publique juge que nous ne sommes pas capables de nous diriger nous-mêmes, il ne pourra pas nous faire confiance.Vous vous rendez à Berlin ce jeudi, pour faire un grand discours sur l'Europe. Vous plaidez en particulier pour éviter un retour au protectionnisme. La crise réclame- t-elle une nouvelle approche??La récession pousse les gouvernements au repli. Pourtant, la crise nécessite plus d'Europe. Or, les actions de renationalisations risquent d'être un pas en arrière pour l'Union européenne. Je ne dis pas que ces actions de court terme n'auraient pas dû être prises. Mais les aides de l'État doivent être surveillées de près. Il ne faut pas oublier l'intérêt à long terme de l'Europe.N'est-ce pas le rôle de la Commission de Bruxelles que de veiller au respect des règles encadrant les aides publiques??Je crois que la Commission a eu raison d'assouplir ces règles, mais elle devra se montrer dure sur leur respect, en particulier après 2010. De plus, elle doit mener un débat sur une politique industrielle pour le XXIe siècle. Il est temps de renoncer à l'interventionnisme du passé?: le rôle de l'État est de construire des capacités en termes d'infrastructures, mais pas de diriger les entreprises. L'éducation, la recherche et le développement ou la réalisation d'infrastructures font partie des missions des gouvernements. À l'occasion de votre déplacement à Berlin, vous allez mener des négociations sur le rachat de la branche européenne de General Motors, qui comprend l'allemand Opel et le britannique Vauxhall. L'équipementier canadien Magna fait figure de repreneur favori. Qu'en attendez-vous??Je suis d'accord avec la Commission européenne quand elle dit que les décisions financières vis-à-vis de General Motors ne doivent pas être liées à des conditions discriminatoires sur l'emplacement de la production. Les décisions doivent être prises de façon commerciale et non pas politique. Nous discutons avec Magna. Ils demandent à l'État britannique, entre autres, de larges montants d'aide financière pour restructurer l'entreprise. Nous voulons mettre autant que ce que nous en retirerons. Mais nous souhaitons agir en coopération avec les autres États européens, et ne pas permettre à Magna de jouer un gouvernement contre un autre. Fiat est aussi sur les rangs. Pensez-vous que Magna est le meilleur candidat??Les négociations ne portent pas sur le futur de l'Europe, mais sur les intérêts de General Motors. Magna cherche le meilleur prix, et entend préserver ses droits et ses intérêts dans le marché européen. Je ne dis pas que Magna est un mauvais choix, mais leurs priorités coïncident avec les intérêts commerciaux nord-américains et non avec la solidité industrielle européenne et ses emplois.Propos recueillispar Éric Albert, à Londres

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