Stabilisateurs automatiques

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L'un des rares avantages des récessions est de permettre de vérifier la validité de quelques règles simples de l'économie. Le ralentissement de l'activité se traduit par une baisse des recettes fiscales et une hausse des dépenses, apprend-on dans les manuels. Les chiffres publiés hier par le ministère du Budget pour le premier semestre 2009 corroborent parfaitement ce postulat et permettent d'apprécier l'ampleur de la contraction. Les recettes nettes ont baissé pratiquement d'un quart (24,4 %) et les deux tiers de cette baisse sont dus à l'impôt sur les sociétés. Impressionnant mais normal : cet impôt sur les bénéfices disparaît en même temps qu'eux. Le recul des recettes de TVA (16,4 %) est plus représentatif de l'activité. Côté dépenses, la hausse due à la crise est moins évidente : sans les 6,3 milliards de crédits du plan de relance, elles n'auraient pas augmenté du tout, et même légèrement baissé parce que le service de la dette publique s'est allégé de 1,4 milliard du fait de taux d'intérêt plus bas. Ces effets qu'on appelle les stabilisateurs automatiques ont donc fonctionné pour l'instant surtout côté recettes, du moins en ce qui concerne le budget de l'État : les coûts liés à la hausse du chômage se verront dans les comptes de la Sécurité sociale et dans ceux des collectivités locales. Éric Woerth reste Éric Woerth : il endure un déficit colossal qui pourrait avoisiner les 150 milliards à la fin de l'année (8 % du PIB), mais il tient les cordons de la bourse. La question de savoir si plus de dépenses auraient permis d'amortir davantage la chute de l'activité au premier semestre reste ouverte. La France en fait-elle trop peu en matière de relance ? Ou n'a-t-elle pas besoin d'en faire plus parce que la récession y est comparativement moins forte que dans les pays comparables ? L'autre question est de savoir s'il faudra augmenter les impôts pour combler le déficit. Nicolas Sarkozy répond non, pour des raisons politiques, d'autres diraient idéologiques. Mais il est à peu près aussi crédible là-dessus que George Bush le père avec sa fameuse phrase de 1988 : « Read my lips, no new taxes » (lisez sur mes lèvres : pas de nouveaux impôts). Les recettes remonteront avec la reprise économique, mais pas de 8 points de PIB. La baisse des dépenses publiques, on ne sait pas faire : c'est tout juste si on arrive à les équilibrer les bonnes années. Alors, pour venir à bout du déficit? « Read my lips ».sgherardi@latribune.fr sophie gherard

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