Marchés : une semaine de cauchemar

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La semaine dernière aura été particulièrement longue pour les intervenants sur les marchés financiers. Après une nouvelle chute de 7,73 % vendredi, le CAC 40 a perdu 22,2 % de sa valeur sur l'ensemble de la semaine. Un triste record pour l'indice parisien. Sa plus forte décrue hebdomadaire remontait jusqu'alors à la semaine du 11 septembre 2001, durant laquelle il avait cédé 11,42 %. Au cours des cinq dernières séances, le Dow Jones a quant lui perdu 18,15 %, revenant ainsi à 8.451,19 points. Et les appels à " rejeter l'incertitude et la peur " du président Bush n'y ont rien fait. À Tokyo, le Nikkei a connu sa pire performance hebdomadaire en cinquante ans d'histoire, en s'écroulant de 24,33 %.Affolés par le blocage du marché interbancaire, les investisseurs ont envoyé au tapis une bonne partie de la cote. La banque, l'assurance mais également l'industrie ou l'énergie. Pas un secteur n'y a résisté. Et pas une des nombreuses mesures annoncées ces dernières semaines, des nationalisations des établissements bancaires au rachat des billets de trésorerie par la Réserve fédérale en passant par la baisse des taux coordonnée, n'a permis de calmer le jeu.En manque de repères, le marché cède à la panique. Depuis le début de l'année, les grands indices boursiers ont perdu de 35 % à 50 %. Le Dow Jones et le CAC 40 affichent respectivement des retraits de plus de 38 % et 43,4 %. Depuis son point haut de septembre 2007, l'indice S&P 500 a cédé près de 46 %. Une situation comparable à celle qui a suivi le choc pétrolier de 1973. Entre le point haut de janvier 1973 et le point bas enregistré en octobre 1974, l'indice avait abandonné près de la moitié de sa valeur. Mais la comparaison s'arrête là.LA VOLATILITE AU PLUS HAUTSi le réflexe pousse à se tourner vers le passé, à en croire les experts, le krach actuel n'a guère de précédents. " L'indice VIX, qui mesure l'état de la volatilité implicite sur l'indice S&P 500, est à son plus haut niveau depuis qu'il a été lancé en 1990 ", souligne Marc Craquelin, gérant actions à la Financière de l'Échiquier. " Cet indice avait connu plusieurs pics, en septembre 2001 et à l'été 2002. Mais sans dépasser 45 points. " Vendredi, il a culminé à 74,4 points.Réagissant au choc des attentats contre le World Trade Center du 11 septembre 2001, l'indice CAC avait chuté de 16,7 % jusqu'au 21 septembre, pour revenir à 3.652 points avant de se reprendre. Mais pas pour longtemps. Il a connu ensuite une érosion qui l'a mené jusqu'au seuil des 2.400 points en mars 2003, soit 45 % plus bas. " La volatilité que nous connaissons depuis dix jours est plus proche de 1987 ", poursuit Marc Craquelin. " La chute avait été alors plus brutale, mais aussi plus brève." Le krach d'octobre 1987 avait poussé l'indice S&P 500 à 223,92 points. Mais par rapport au point haut du mois de juillet précédent, la correction n'aura porté " que " sur 33 % et duré un petit trimestre." Nous n'avons pas connu cela jusqu'à présent ", estime Pierre Vignaud, chez CM-CIC. Pas même en 1929 en ce qui concerne le Dow Jones, selon lui. L'indice des trente valeurs vedette américaines avait perdu 48 % en seulement trois mois, pour remonter légèrement avant de poursuivre sa chute jusqu'à 90 % en 1932. Il lui avait fallu alors attendre 1954 pour retrouver son niveau d'avant le krach, de 380 points. " Jusqu'en juin dernier, la configuration graphique du CAC 40 restait comparable à celle observée en 1994-1995, époque de ralentissement économique sous l'influence d'une remontée trop rapide des taux. Mais depuis, elle diverge très nettement du fait de l'accélération à la baisse ", souligne Pierre Vignaud. Selon lui, il existe en revanche une certaine ressemblance avec le marché japonais au début des années 1990. Comme le changement de tendance, lisible aujourd'hui sur certains des poids lourds de la cote comme Total ou General Electric. S'il espère un rebond de 15 à 20 % à moyen terme, Pierre Vignaud redoute des années difficiles ensuite.Des grands indices européens, pas une composante n'a tenu bon la semaine dernière. À une exception près : Volkswagen, en prise à des arbitrages, a engrangé 23,11 %. Reste le repère des valorisations. Les cours actuels des valeurs de l'indice européen Dow Jones Stoxx 600 valorisent actuellement 8,5 fois les bénéfices 2009. Le ratio moyen sur 30 ans serait plus proche des 13 fois.Les bourses du Moyen-Orient font grise mineLes pays du Golfe ne semblent pas croire en la capacité des pays occidentaux à enrayer la crise. Et le reflux des cours de l'or noir sous la barre des 80 dollars le baril n'arrange rien. Ainsi, la Bourse de Dubaï a clôturé sur un repli de 5,41 % dimanche. Et ce, malgré la décision du gouvernement des Émirats de garantir, notamment, les dépôts des banques locales. Au Qatar, l'indice DSM 20 a cédé 7,18 %. De son côté, le Kuwait Stock Exchange s'est replié de 0,4 %. Seule exception : l'Arabie Saoudite où les marchés actions (+ 0,34 %) ont profité d'une baisse des taux. F. M.

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