L'économie allemande en capilotade

Romaric Godin, à Francfort Alors que la Chambre basse du Parlement allemand, le Bundestag, a adopté hier le deuxième plan de relance du gouvernement de 50 milliards d'euros, on apprenait que l'économie allemande s'était effondrée de 2,1 % sur le dernier trimestre de 2008. Il faut remonter à 1987 pour retrouver pire trimestre, mais la chute était alors isolée. Cette fois, elle fait suite à deux trimestres de contraction à ? 0,5 %. La vigueur de ce recul est une mauvaise surprise, car les économistes tablaient plutôt sur ? 1,8 %. La principale cause de ce désastre est connue : la dépendance de l'Allemagne vis-à-vis de la demande extérieure. Au quatrième trimestre, les commandes à l'export ont reculé de 17,4 % ! Du coup, l'investissement est drastiquement réduit et l'ensemble de l'économie souffre. Même la consommation des ménages devrait rester en berne, dans la foulée de la remontée du chômage.Point bas fin 2008Bref, jamais plan de relance n'aura été aussi nécessaire. Selon Bert Rürup, un des « sages » qui conseille le gouvernement en matière d'économie, l'impulsion donnée à la demande intérieure par ces mesures pourrait permettre de limiter la baisse du PIB sur 2009 à 2,5 % « contre plus de 3 % autrement ». On pourrait donc bien avoir atteint à la fin 2008 le point bas de la récession. Bert Rürup assure le retour à la croissance, modérée cependant, pour l'été.Il est vrai que les grandes mesures du plan, notamment les investissements publics et les réductions de charges et d'impôts, ne seront pleinement fonctionnelles qu'en juillet. En attendant, ce plan subit les critiques des libéraux du FDP qui en profitent dans les sondages (lire ci-contre). Ils reprochent à la grande coalition de n'avoir pas assez insisté sur les baisses d'impôts et de trop endetter l'État. Mais ils n'iront sûrement pas jusqu'à faire échouer le texte devant le Bundesrat vendredi prochain, où ils sont la clé du vote. Dans son premier discours au Bundestag, le nouveau ministre de l'Économie, Karl-Theodor zu Guttenberg, a d'ailleurs appelé les partis politiques à ne pas « se quereller sur des détails », mais à s'employer à « redonner de la confiance ».

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