La BCE pose les jalons d'une baisse des taux en mars

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Rarement une décision de la Banque centrale européenne, dont la communication était devenue au fil des ans de plus en plus transparente, n'avait été attendue avec autant de fébrilité et d'incertitudes. Contrairement à son habitude, la BCE n'avait pas signalé clairement ses intentions pour cette première réunion de l'année du conseil des gouverneurs, son président Jean-Claude Trichet ayant même laissé anticiper une pause dans le cycle d'assouplissement des conditions de crédit. Mais face à une récession qui se propage à grande vitesse et à une inflation qui chute comme une pierre, la banque centrale de Francfort s'est résolue à consentir la quatrième baisse consécutive de ses taux directeurs, procédant même à la détente d'un demi-point qu'espéraient les marchés, tout en redoutant qu'elle ne se limite à un quart de point. Une décision prise à l'unanimité des « sages » du conseil. Le taux de refinancement ? son principal taux directeur ? revient ainsi à 2 % et renoue avec le point bas des dix ans d'histoire de la BCE en tant que responsable de la politique monétaire de la zone euro, niveau auquel il avait été abaissé en 2003, à la fin du cycle initié après l'éclatement de la bulle des nouvelles technologies et sur lequel il avait compté jusqu'à la mi-2005. Au total depuis octobre, le taux refi a été abaissé de 225 points de base, une vélocité inégalée pour l'institut d'émission de la zone euro.Et maintenant ? Jean-Claude Trichet, le président de l'institution, qui s'est livré à sa traditionnelle conférence de presse à l'issue du conseil, s'est voulu pragmatique et sans ambiguïté, contrairement à sa prestation de décembre qui faisait suite à la plus forte baisse des taux jamais consentie par la BCE, portant sur trois quarts de point, mais il a marqué les limites que s'impose la banque centrale. nouveau gesteSoulignant le niveau exceptionnellement élevé d'incertitudes et les risques pesant sur la croissance, le patron de la BCE, indiquant que le conseil ne considérait pas le niveau de 2?% comme la limite basse pour les taux, a exclu un nouvel assouplissement en février. Il faut dire que la prochaine réunion de la BCE se déroule dans trois semaines, le 5 février. En revanche, il a clairement laissé entrevoir un nouveau geste en mars, dont il fait un rendez-vous crucial, lorsque seront connues les nouvelles projections économiques de l'institut d'émission. La baisse pourrait alors porter sur un nouveau demi-point, qui ferait tomber le taux directeur de la BCE à 1,5?%. Mais compte tenu des pronostics de redémarrage de l'inflation au second trimestre faites hier par Trichet, nombreux sont les stratèges qui y voient le plancher absolu. Le chef économiste d'UniCredit, Aurelio Maccario, se démarque néanmoins, en n'écartant pas l'éventualité de taux à 1 %, à la seule condition que Trichet édulcore son discours sur l'inflation en mars. En revanche, la tentation des taux zéro est nulle. Des taux très, très bas nous feraient tomber dans la trappe à liquidités, a martelé Trichet, la situation où les agents économiques thésaurisent leur épargne, décrite par Keynes, qu'il veut à tout prix éviter.

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