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Un fonds suspecté de peser sur le pétrole texan

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Publié le 27 février 2009 à 00:38 - Mis à jour le 27 février 2009 à 00:38

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Les soubresauts du contrat sur le WTI, le brut léger américain, ont encore battu des records la semaine dernière. Le WTI a sombré jusqu'à 33,98 dollars jeudi, avant de rebondir de 10,39 % à 37,51 dollars vendredi. L'écart de prix entre le baril de mars et celui d'avril a dépassé les 8,20 dollars, sans que les fondamentaux ne le justifient, et la différence de prix avec le Brent est tout sauf normale : plus léger, le WTI se traite d'ordinaire plus cher que le pétrole européen, le Brent, qui caracolait pourtant à 44,81 dollars vendredi. Certes, à Cushing, Oklahoma, les capacités de stockage sont arrivées à saturation : il est donc normal que le pétrole pour livraison en mars se traite moins cher que pour le mois suivant, les acheteurs disposant de capacités de stockage se faisant rares. Mais pour le troisième mois d'affilée, l'écart de prix s'est sérieusement accentué exactement durant la période de roulement des positions de l'indice GSCI, ainsi que d'un ETS, exchange traded securities, l'USO (United States Oil Fund) WTI. Un produit financier jugé hautement suspect dans le déséquilibre des prix par Olivier Jakob, chez Petromatrix en Suisse. « distorsion du march頻« Cet ETS a énormément grossi depuis l'automne dernier, il regroupe désormais un quart des positions ouvertes sur le WTI. Or son utilisation entraîne une distorsion sur le march頻, estime le spécialiste. Les positions sur cet ETS doivent en effet « rouler », c'est-à-dire passer d'une échéance à la suivante, en l'espace d'une seule journée, ce qui crée d'importants décalages de prix sur les différentes échéances.Reste à savoir pourquoi les intervenants ont recours à cet ETS, plutôt que d'accéder directement au marché des futures. Les ETS sur le pétrole sont d'ordinaires plutôt utilisés par des petits intervenants, voire des particuliers. La progression des encours plaide plutôt pour un afflux massif de la part de gérants de fonds. Pour une raison qui pourrait être le maquillage de bilan. Alors que l'aversion au risque atteint un niveau maximal, les encours placés sur les marchés à terme font désordre. En intervenant sur le marché du pétrole par le biais d'un ETS, les gérants déguisent leurs placements, qui ressortent sous la catégorie « actions » dans leur bilan, plutôt que « dérivés ».Ce dysfonctionnement supplémentaire plaide en tout cas pour l'abandon du WTI comme principale référence du prix du pétrole. L'Agence internationale de l'énergie a d'ailleurs contribué au débat la semaine dernière, en estimant dans son rapport mensuel sur le pétrole que le WTI avait un « passé imparfait, un futur tendu ». Selon l'organisation, le goulet d'étranglement qui se produit à Cushing, où transitent tous les pétroles brut de l'ouest des États-Unis, serait le principal responsable des montagnes russes que dessinent les cours du baril de pétrole. Aline Robert

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