Saint-Gobain mise sur l'essor de l'énergie solaire

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Le solaire sera un métier à part entière de Saint-Gobain dans cinq ans. " Le directeur général de Saint-Gobain, Pierre-André de Chalendar, vient d'inaugurer en Allemagne, près de Leipzig, une usine de production de panneaux photovoltaïques Avancis, en coentreprise avec Shell. Un investissement de 65 millions d'euros. Une fois montée en régime, la nouvelle usine de production Avancis produira 165.000 modules par an, l'équivalent des besoins annuels en électricité de 6.000 foyers. Shell apporte ses brevets dans le solaire, Saint-Gobain son expertise de la physique de l'empilement. Les deux partenaires envisagent déjà d'ouvrir une seconde usine, le carnet de commandes sur 2009 de la première usine étant quasiment plein.Le process de production, qui comprend 24 étapes, est hautement technologique. Le module final est composé de deux verres. Le verre arrière est recouvert au préalable d'une fine couche de molybdène, un métal qui servira d'électrode. Il passe sous un laser qui y dessine des bandes de 6 mm, les lignes des futures cellules photovoltaïques. Puis il est soumis au crible du magnétron, une machine mise au point par Saint-Gobain qui pulvérise des atomes de métaux sur le verre. Trois couches de cuivre, d'indium et de sélénium (CIS), de l'épaisseur du micron, l'équivalent d'un semi-conducteur, sont ainsi déposées. Puis elles sont recouvertes d'oxyde de zinc pour faciliter le passage de la lumière, et d'un second panneau de verre. Alors que 90 % des panneaux solaires actuels sont en silicium, Saint-Gobain mise sur la technologie CIS, dont le rendement est inférieur (11 % contre 15 %), mais dont le coût de revient est moindre. Le CIS - que ses deux grands concurrents, Asahi-Glaverbel et NSG-Pilkington, ne produisent pas - s'intègre mieux à l'habitat, le panneau étant sombre et non bleuté.UN MARCHE TRES PORTEURSaint-Gobain compte mettre en place une organisation dédiée au solaire, Saint-Gobain Solar. Le groupe vise 2 milliards d'euros de chiffre d'affaires dans le secteur en 2013 (dont 700 millions au titre d'Avancis), contre près de 150 millions en 2008. " L'énergie solaire est bien acceptée par le public [à la différence des éoliennes, Ndlr]. C'est un marché très porteur, estime Pierre-André de Chalendar. Tout le challenge pour nous est de parvenir à réduire les coûts de revient assez vite, de telle sorte que la production soit rentable sans subventions, sachant que celles-ci se réduiront au fur et à mesure que les marchés se développeront. "

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