Airbus revoit à la baisse ses objectifs de production

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Les constructeurs d'avions prennent les devants. Les menaces que fait peser la crise financière et économique sur la santé des compagnies aériennes contraignent Airbus à réviser à la baisse ses objectifs d'augmentation de production. L'avionneur, qui entend livrer cette année plus de 470 appareils, va mettre le pied sur le frein pour 2009 et 2010, alors que les estimations de l'assureur crédit Euler Hermes tablaient vendredi encore sur 525 livraisons l'an prochain et 551 avions en 2010. " Nous allons faire une pause ", indique une porte-parole de l'avionneur, précisant que, si la situation s'améliorait, le constructeur pourrait à nouveau accélérer le rythme. Boeing ne donne aucune indication sur ses prévisions 2009, dont les dernières estimations tablaient sut 500 à 505 livraisons.La décision concerne uniquement la famille A320 (A318, A319, A320 et A321), des avions moyen-courriers de 100 à 200 sièges, qui représentent plus de 70 % des ventes. Airbus, qui entendait porter la production à 40 A320 par mois en 2010, restera à son niveau actuel de 36 appareils moyen-courriers mensuels. Autrement dit, la construction d'une cinquantaine d'avions supplémentaires en 2010 par rapport à 2008 est gelée. La montée en puissance de la production des long-courriers A330 ou A340 est quant à elle maintenue. La direction entend toujours passer la production de 8 par mois aujourd'hui à 10 dans deux ans. Néanmoins, le passage à 11 unités en 2011 est remis en cause. Loin des cadences initiales, l'A380 de son côté n'est pas concerné par une stabilité de la production. La direction table sur 12 exemplaires en 2008 et 21 en 2009.AVIS DE TEMPETE SUR L'AERIENLa décision d'Airbus d'anticiper des annulations ou des reports de commandes apparaît sage. Sera-t-elle suffisante au regard de la tempête qui s'annonce sur le transport aérien ? Ce dernier a déjà été confronté depuis un an à la violente flambée du prix du baril (même s'il baisse aujourd'hui) et au ralentissement économique. Les compagnies vont terriblement souffrir de la dégradation de la conjoncture au cours des prochains mois. Les achats d'avions prévues pour accompagner la croissance du transport aérien sont aujourd'hui sur la sellette. Celles destinées au renouvellement des flottes ne le sont pas, en théorie. À condition que les compagnies puissent les financer. C'est tout le sujet. Jusqu'il y a peu épargné, le marché du financement d'avions est désormais très difficile. Airbus est-il prêt, comme Boeing entend le faire l'année prochaine, à dégager des fonds pour aider ses clients à acheter des avions ? Probablement, mais pas forcément à grande échelle.

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