L'or piétine le platine
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chronique des marchésUne scie à métaux, une clé plate, et hop : début 2008, dans les rues enneigées du Canada, les malfrats se ruaient sur un trésor garé en bordure de trottoirs. Riches de 2 grammes de platine pour les plus récents d'entre eux, les pots catalytiques constituaient une cible de choix. Alors que l'hypothèse de la pénurie inquiétait les constructeurs automobiles, les ferrailleurs rachetaient volontiers le précieux métal, dont les cours avaient grimpé jusqu'à 78 dollars le gramme. Aujourd'hui, les pots catalytiques restent en place. Car ce cher platine a perdu de sa superbe. Le voilà désormais à quasi-parité avec l'or, à 844 dollars l'once hier, après s'être échangé jusqu'à 2.230 dollars l'once au plus haut. La semaine dernière, l'or s'est même brièvement traité au-dessus de son challenger. Voilà pourtant douze ans que le platine affirmait sa supériorité, soutenu par une forte demande industrielle en plus de la demande traditionnelle de la bijouterie. Mais les fondamentaux se sont effondrés ; en dessous des 1.000 dollars l'once, l'exploitation des mines de platine n'est même plus rentable. Le sud-africain Aquarius Platinum a d'ailleurs annoncé hier la fermeture de sa mine Everest pour six mois, profitant d'un problème d'exploitation pour mettre au chômage technique ses 2.000 salariés. Le rejet par la Chambre des représentants du plan de sauvetage de l'automobile américaine en fin de semaine dernière a donné le coup de grâce aux métaux précieux comme le platine et le palladium. L'effritement, dans le même temps, du dollar soutient en revanche l'once d'or. Car, si le métal jaune n'étincelle pas, il brille par sa stabilité : depuis le début de l'année, l'or n'a pas bougé d'un iota. Après quelques montagnes russes, l'once d'or cotait hier son prix de début janvier, soit 830 dollars l'once. Et les signaux sont au vert : les politiques de relance, synonymes de détente monétaire, pourraient encourager le repli vers l'or. A. R.
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