Les taux courts de la zone euro battent des records de faiblesse

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Les marchés financiers n'en sont plus à une aberration près. La dernière en date concerne le marché de la dette souveraine. Les taux allemands à 2 ans sont tombés hier à un nouveau plancher (1,22 en séance). Pourquoi?? Il n'y a pas de grand mystère. Les opérateurs attendent une poursuite des baisses de taux de la BCE et, compte tenu de l'environnement économique, ils pensent que ces taux ont toutes les chances de rester bas longtemps. En outre, le contexte de marché étant redevenu plus tendu, les investisseurs tendent à délaisser les actifs risqués comme les actions pour se réfugier sur les titres représentatifs de dettes souveraines, réputés plus sûrs. Les emprunts d'État allemands les plus courts, très liquides et très bien notés, bénéficient naturellement de ce phénomène classique de fuite vers la qualité en période de regain d'aversion pour le risque. Mais paradoxalement, pendant que les taux courts qui servent de référence pour l'ensemble de la zone euro baissent ? les taux longs aussi mais dans une moindre mesure ?, les spreads des CDS de l'Allemagne, eux, s'envolent. Autrement dit?: d'un côté les opérateurs de marché se couvrent contre une aggravation de la crise bancaire susceptible de conduire à un hypothétique défaut de l'Allemagne. De l'autre, ils plébiscitent le papier « sans risque » émis par ce même pays. prime annuelleAlors que, jusqu'en septembre 2008, le spread sur le CDS de l'Allemagne n'avait pratiquement jamais dépassé les 10 points de base, il est monté en fin de semaine dernière à 70 points de base. Il faut désormais payer une prime annuelle de 70.000 euros pour assurer 10 millions d'euros de dette allemande contre un défaut (ou plus largement un événement de crédit). « Le marché des CDS souverains est certes plus liquide qu'avant mais on y observe toujours des phénomènes troublants », commente un opérateur. Autre exemple?: il est difficile d'imaginer que l'Allemagne puisse résister en cas de défaut de paiement des états-Unis, et pourtant le coût de la protection sur les États-Unis y est de plus de 15 points de base supérieur à celui de l'Allemagne.

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