Moscou procède à de nouvelles purges contre la corruption

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L'Inspection technique de Russie va licencier les deux tiers de ses cadres pour faits de corruption, a annoncé il y a quelques jours son directeur, Nikolaï Koutine ? à la stupeur générale? Peu de temps après, le Procureur général de Russie annonçait des poursuites contre Dimitri Plotnikov, l'un de ses plus proches collaborateurs. « Nous combattons la corruption, y compris dans nos rangs », a ainsi indiqué le porte-parole du ministère public ? qui se trouve être le principal organe chargé de mener à bien la purge générale? Le président Dimitri Medvedev prend-il réellement le taureau par les cornes, dans un pays où la corruption est partout, ou bien cette « opération mains propres » est-elle simplement de la poudre aux yeux ? Seule certitude : le nombre de fonctionnaires a augmenté de 50 % pendant les huit années de règne de Vladimir Poutine (pour dépasser le seuil de 1,5 million), et la construction de sa « verticale du pouvoir » a donné un aplomb incroyable aux responsables officiels dans leurs rapports avec les hommes d'affaires. De là à passer à l'abus de pouvoir? bonnet d'âne D'ailleurs, en août dernier, Dimitri Medvedev s'était emporté, en exigeant que « les forces de l'ordre et les autorités cessent de faire cauchemarder [sic] les entreprises »? Dans son classement annuel, l'ONG Transparency International donne un bonnet d'âne à la Russie : elle se trouve à la 147e place mondiale, aux côtés du Bangladesh, du Kenya et de la Syrie, en ce qui concerne la transparence du fonctionnement de son économie. Pour les gros investisseurs étrangers, la pratique du bakchich est doublement dangereuse. Les fonctionnaires se montrent de plus en plus gourmands et surtout, une fois qu'on a mis le doigt dans l'engrenage, l'État ? qui sait tout ? peut s'en servir à tout moment pour faire pression sur le corrupteur à la mentalité forcément « colonialiste »? Latente à l'époque soviétique, la corruption a explosé dans les années 1990, et est désormais ancrée dans les m?urs. Les étudiants connaissent bien les tarifs des enveloppes à remettre pour entrer dans les universités prestigieuses. Ou simplement pour passer « haut la main » leurs examens. Dans les hôpitaux publics, on peut attendre longtemps les soins si on ne tend pas un billet à l'infirmière. Et les familles aisées paient plusieurs milliers de dollars pour exempter leurs fils appelés sous les drapeaux. Enfin, quiconque a conduit en Russie sait qu'il va gagner beaucoup de temps en glissant un billet dans les documents qu'il tend au gendarme sur le bord de la route? Autant dire que l'opération « mains propres » risque de faire plus de malheureux que n'importe quelle crise économique? n

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