Pour la Chine, le pire de la crise semble passé

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« Nous estimons que pour la Chine les pires difficultés sont passées », réagissait hier un économiste de China International Capital Corporation à Pékin, Xing Zhiqiang. Ce diagnostic encourageant était largement partagé après la publication du taux de croissance chinois au premier trimestre, qui a atteint 6,1 %, non loin du consensus (voir « La Tribune » de jeudi). À première vue, ce taux reflète une aggravation du ralentissement économique de la Chine, victime ces derniers mois de la crise internationale, puisqu'il s'inscrit en retrait par rapport au taux enregistré lors du dernier trimestre 2008 (6,8 %), marquant un record de baisse historique. Mais, en réalité, « le taux de croissance de 6,1 %, qui compare le premier trimestre 2009 à la même période de 2008, correspond à 6,8 % de hausse du PIB entre le premier trimestre 2009 et le quatrième de 2008 en rythme annuel corrigé des variations saisonnières », explique Edgardo Torija-Zane, économiste chez Natixis. Au dernier trimestre 2008, le PIB n'avait augmenté que de 1,6 % par rapport au trimestre précédent. une part de mystèreL'économie est « en meilleure santé que prévu », s'est réjoui le Premier ministre, Wen Jiabao. Pour lui, c'est sûr, les efforts du gouvernement, qui a annoncé en novembre un plan de relance de 585 milliards de dollars, portent leurs fruits. La consommation finale en a manifestement été l'un des bénéficiaires. Elle a contribué à hauteur de 4,3 points à la croissance au premier trimestre, selon le Bureau national des statistiques chinois ; tandis que les investissements ont contribué à la croissance à hauteur de 2 points. En revanche, les exportations, qui, jusqu'à ces derniers mois, ont été le moteur de la troisième économie du monde, font les frais de la contraction de la demande internationale et ont pesé négativement (? 0,2 point) sur la croissance de ce début d'année. Comme toujours, les statistiques chinoises recèlent une part de mystère. Alors que la production industrielle s'est inscrite en hausse de 8,3 % en mars, la consommation industrielle d'électricité, généralement corrélée à la production industrielle, a diminué de 8,4 % durant le premier trimestre par rapport à la même période de 2008 (souligne l'économiste Edgardo Torija-Zane. Autre interrogation, le recul des prix à la consommation (? 1,2 %) en mars pourrait signifier que des excès d'offre persistent dans certains secteurs. Cela d'autant plus que le rythme des dépenses d'investissement demeure soutenu (+ 30 % en mars) grâce aux initiatives publiques. Pour certains économistes, les efforts budgétaires de Pékin, s'ils ne sont pas bien orientés, risquent d'empêcher la suppression de certaines surcapacités sectorielles. Laurent Chemineau

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