Près de 15 milliards de déficit pour la Sécu en 2009

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à l'automne, 10,5 milliards, fin janvier, 12,6 milliards et, désormais, près de 15 milliards d'euros. Peu à peu, les comptes de la Sécurité sociale s'enfoncent dans le rouge. Hier, sur le site Capital.fr, Éric Woerth a annoncé « qu'au total le déficit de la Sécurité sociale pourrait frôler les 15 milliards d'euros en 2009 ». La décrue est très nette en raison de la « dégradation de la conjoncture », a précisé le ministre du Budget.À l'origine de cette révision drastique des prévisions, la diminution de la masse salariale, qui, automatiquement, pèse sur les recettes du régime de sécurité sociale. Deux tiers des ressources de la Sécu proviennent, en effet, de cotisations assises sur les salaires. « Un point de masse salariale en moins, c'est 2 milliards d'euros de déficit en plus », évalue Éric Woerth. Or la dernière prévision de déficit effectuée par le gouvernement (? 12,6 milliards d'euros) se fondait sur une hypothèse de hausse de la masse salariale de 2,75 % en 2009. Mais, selon les évaluations de l'Agence centrale des organismes de sécurité sociale (Acoss), ce chiffre était très optimiste. En glissement annuel, l'Acoss prévoit une hausse de 1,3 % au premier trimestre et de 1 % au deuxième, contre 2,7 % au quatrième trimestre 2008.tOLLé syndicalL'annonce d'Éric Woerth était d'autant plus prévisible que les récentes tractations entre les partenaires sociaux sur la convention d'assurance chômage ont privé la branche vieillesse de recettes supplémentaires. Le texte négocié en décembre par les syndicats et le patronat prévoyait, en effet, une baisse des cotisations chômage au 1er juillet prochain dès lors que l'Unedic enregistrait un excédent de 500 millions d'euros. Les cotisations vieillesse devaient augmenter d'autant. Confrontée à un tollé syndical contre la baisse des cotisations chômage et souhaitant obtenir la bienveillante neutralité de la CGC, Laurence Parisot a enterré ce mécanisme et de facto privé la branche vieillesse de nouvelles recettes.Cette dégradation des comptes de la Sécurité sociale tombe au plus mal, alors que le gouvernement cherche désespérément des marges de man?uvre pour financer les mesures anticrise présentées lors du sommet social d'aujourd'hui (lire p. 2 et 3). Au total, le déficit cumulé de l'État et de la Sécu devrait dépasser les 100 milliards d'euros en 2009. Des montants qui ne sont guère du goût de Bruxelles, qui pourrait adresser, dès aujourd'hui, au gouvernement français une procédure pour déficits excessifs.Agnès Laurent

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