Les Vingt-Sept peinent sur le social

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Un sommet à côté de la plaque ? » C'est la préoccupation d'un responsable européen alors que les Vingt-Sept se réunissent aujourd'hui et demain à Bruxelles. L'inquiétude populaire face à l'arrivée massive de licenciements est palpable à travers l'Europe. Le patronat européen prévoit la « destruction de 4,5 millions d'emplois » cette année et le Comité économique et social va jusqu'à mettre en garde contre le caractère « explosif » de cette montée du chômage. Les Vingt-Sept peinent toutefois à définir un message à la hauteur de la situation. « Il ne faut être ni anxiogène ni angélique, et il faut se montrer concret », explique un diplomate français. Le Conseil européen, qui s'ouvre, s'attachera surtout à préparer le G20 du 2 avril à Londres. « S'occuper de la supervision et de la régulation, cela concerne directement la crise actuelle, en favorisant le retour à la confiance », poursuit le diplomate. On traite donc le mal à la racine. Mais le président de la Commission, qui s'est découvert une vocation sociale, a bien saisi que « les gens ne comprendraient pas que l'on ait l'air de ne s'occuper que des banques et pas d'eux ». José Manuel Barroso a appelé à l'organisation d'un sommet sur l'emploi le 7 mai à Prague. Dans le projet de conclusions de la réunion d'aujourd'hui, les Vingt-Sept indiquent que ce prochain rendez-vous « permettra de procéder à un échange d'expériences ». réponse minimalisteUne formulation pour le moins minimaliste alors que Paris appelle à des annonces et des résultats concrets. La Commission songe ainsi à assouplir les conditions d'accès au Fonds européen d'ajustement à la mondialisation, destiné à soutenir la réinsertion professionnelle. Doté de 500 millions d'euros annuels, ce fonds est largement sous-utilisé. Pour qu'il soit plus rapide et plus efficace, Bruxelles veut élargir son champ d'action, réduire le seuil des licenciements de 1.000 à 500 et élever le taux d'intervention de 50 % à 75 %. « Ce ne sera pas assez et j'ai peur que, si l'on attend le 7 mai avant de vraiment parler de l'emploi, ce soit un peu tard », craint Jan Andersson, président de la commission de l'Emploi du Parlement européen. Yann-Antony Noghès, à bruxelle

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