Stora Enso illustre le caractère cyclique de l'industrie papetière

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Hélas pour lui, le secteur du papier présente la caractéristique d'être cyclique. C'est-à-dire très dépendant des aléas économiques. Stora Enso a apporté une nouvelle preuve de cette cyclicité hier, en lançant une alerte sur ses résultats. Le papetier finlandais a averti que son résultat opérationnel du premier trimestre 2009 serait « clairement inférieur » au bénéfice de 28,4 millions d'euros dégagé au quatrième trimestre 2008.Au début du mois, c'est un autre finlandais, le papetier M-Real, qui avait lancé un « profit warning » pour le premier trimestre. En Finlande toujours, UPM-Kymmene a récemment averti que son dividende chuterait de 47 %, cette année. À plus petite échelle, le français Sequana a décidé, lui, de ne pas verser de dividende au titre de 2008. Autant d'annonces qui ont provoqué un plongeon de 20 % en moyenne des valeurs du papier en Europe, depuis janvier, soulignent les analystes de Goldman Sachs, dans une étude. Une contre-performance encore pire que celle de l'indice Dow Jones Euro Stoxx 50, en repli de 17 %.surproductionLes papetiers se trouvent plus que jamais en situation de surproduction, avec une demande susceptible de dégringoler de 10 %, voire de 14 %, cette année en Europe, selon Goldman Sachs. Il y a quelques mois, la banque tablait encore sur une baisse limitée à 6 % ou 8 %. Mais la dégradation brutale de l'économie en Europe et aux États-Unis l'a contrainte à abaisser ses prévisions. De plus, certains pays émergents sont désormais capables de s'autoapprovisionner, ce qui réduit le potentiel des marchés à l'export pour les papetiers européens.Et qui dit baisse de la demande dit baisse des prix. Cette dernière pourrait atteindre 12,5 % pour certaines catégories de papier, estime Goldman Sachs. Certes, les coûts de la pâte à papier, de l'énergie et du transport diminuent eux aussi. Mais insuffisamment pour compenser la régression des prix de vente, assure Goldman Sachs. Qui a donc réduit de 18 % en moyenne sa prévision d'excédent brut d'exploitation pour le secteur européen du papier en 2009. Et de 28 % pour 2010.Conséquence, le courtier n'est guère optimiste sur le front des bilans, déjà tendus : la dette nette devrait représenter pas moins de 3,6 fois l'excédent brut d'exploitation attendu en 2009, dans le secteur en Europe. Et ce multiple pourrait s'élever à 6,4 en 2010. L'agence d'évaluation financière Moody's a d'ailleurs récemment abaissé les notes de solvabilité d'UPM-Kymmene, Stora Enso, M-Real et Norske Skog. C'est dire si l'industrie papetière n'a pas ? pour le moment ? les moyens de procéder à une concentration qui résoudrait en partie son problème de surproduction.

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