« Areva est le fer de lance du renouveau du nucléaire américain »

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Au-delà du projet d'EPR que vous venez de signer avec la compagnie électrique Duke Energy, vous semblez très optimiste pour l'avenir du nucléaire américain. Pourquoi ?Les problématiques de la réduction des émissions de Co2 et du coût des ressources énergétiques sont très présentes dans l'esprit des électriciens américains. Après Constellation, PPL, Ameren, AEHI et Amarillo Power, Duke Energy a fait le choix de l'EPR pour des raisons économiques, environnementales et pour répondre aux besoins énergétiques du pays. Avec Duke, en 2008, nous avons également formé Adage, une coentreprise spécialisée dans la biomasse, ce qui prouve que les électriciens n'ont pas à choisir entre nucléaire et renouvelable, mais qu'ils peuvent avoir recours au deux.Le gel, par l'administration Obama, du projet de sto­ckage des combustibles usés de Yucca Mountain ne risque-t-il pas, pourtant, de ralentir certains projets ?Non, la filière est en attente d'une décision gouvernementale sur cette question, mais l'accord signé avec Duke Energy prouve que les électriciens s'engagent toujours. Et le secrétaire à l'Énergie, Steven Chu, a été très clair lors de son discours d'investiture sur son soutien au nucléaire. Le facteur limitant, dans le cas de l'EPR, est sa procédure d'homologation par la NRC, la Commission de régulation nucléaire, que nous attendons pour 2011. Cependant, il s'agit d'une procédure très rassurante, car une fois cette certification accordée, nous n'avons qu'à nous conformer au projet initial, contrairement à ce qui se passe dans certains pays, où de nouvelles autorisations doivent être obtenues pendant la construction d'une centrale. Par ailleurs, je constate que le département de l'Énergie a présélectionné quatre projets de centrales pour obtenir les 18,5 milliards de crédits fédéraux garantis. Or l'EPR de Constellation Energy figure parmi ces quatre projets, ce qui est une très bonne nou­velle pour nous. Cela nous a été confirmé et c'est officiel.La conjoncture, plutôt sinistrée actuellement aux États-Unis, ne compromet-elle le financement de ces nouvelles centrales et donc vos ambitions américaines ?Le nucléaire est une énergie compétitive et nous avons de plus en plus de clients aux États-Unis. Pour ce qui est de l'EPR, la problématique des financements ne se posera qu'à partir de 2011, dans une conjoncture qui sera certainement différente. De plus, le contexte actuel n'empêche pas les électriciens de s'engager, comme le prouve l'accord avec Duke Energy. Pour ce qui est de l'opinion américaine, elle est désormais favorable au nucléaire, les sondages le démontrent. La capacité de produire une énergie sur place, sans émissions de CO2, est un facteur d'acceptation très fort.Vous avez détaillé, ces derniers mois, un ambitieux programme d'investissements. Quels sont vos projets dans ce domaine aux États-Unis ?Nous investissons pour le renouveau du nucléaire américain, dont Areva est le fer de lance. C'est le cas sur le site de production de composants lourds de Newport News, en Virginie, en association avec Northrop Grumman, dans lequel Areva investit 400 millions de dollars. Mais nous investissons également en dehors du nucléaire, notamment dans la première usine d'Adage, de 50 mégawatts, à Jacksonville, en Floride, dont l'activité doit démarrer à la fin 2010 ou au début 2011. D'autres usines Adage, de plus petite taille, suivront à travers les États-Unis. Et dans l'éolien offshore, nous prospectons des sites américains, que ce soit en mer ou dans les Grands Lacs. Propos recueillis par Éric Chalmet, à New YorkLa problématique des financements [de l'EPR] ne se posera qu'à partir de 2011, dans une conjoncture qui sera certainement différente. Exergue Guillemet

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