Le dragon chinois reprend sa course

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C'était le 15  novembre dernier, à Washington. La tempête financière battait son plein, et les vingt dirigeants des pays industrialisés et émergents tentaient pour la première fois de coordonner leurs efforts pour sortir de la crise. « Une croissance régulière et relativement forte en Chine est en elle-même une importante contribution à la stabilité financière internationale et à la croissance économique mondiale », assénait le président chinois, Hu Jintao. Moins d'une semaine plus tôt, Pékin avait annoncé la mise en ?uvre d'un plan de soutien à l'économie chinoise de 586 milliards de dollars. La Chine, locomotive de l'économie mondiale ? Il était encore trop tôt pour y croire, d'autant que la fable du « découplage » économique, voulant que les pays émergents soient immunisés contre la crise financière, avait volé en éclats. Résultat : après presque trois décennies de croissance à deux chiffres, le moteur chinois ralentissait furieusement, enregistrant au premier trimestre 2009 une maigre progression de 6,1 %, sa plus mauvaise performance depuis vingt ans. Sur fond d'images de cohortes de migrants renvoyés dans leurs campagnes, le dragon chinois s'enrhumait, au grand dam des hiérarques de Pékin, dont la légitimité repose en grande partie sur les performances économiques du géant asiatique. sortie de crise anticipéeAvec l'arrivée de l'été, changement de décor. En quelques jours, la Chine a retrouvé des couleurs, redevenant un candidat sérieux pour une sortie de crise anticipée. Le rebond récent de l'investissement fixe depuis témoigne des premiers effets du plan de relance. Hier, les experts de la Banque mondiale ont revu à la hausse leurs prévisions de croissance : entre les 6,5 % annoncés en mars dernier et les 7,2 % désormais prévus pour 2009, l'écart reste certes mince, mais le symbole politique est fort pour Hu Jintao, qui s'est affiché cette semaine aux côtés des dirigeants russe, brésilien et indien au premier sommet des Bric à Ekaterinburg. Habiles dans leur communication, les dirigeants de Pékin entendent bien profiter de cette ? légère ? embellie pour renforcer le prestige de leur pays, en quête du statut de grande puissance. Le baptême au mois de mars du projet d'avion C-919, destinée à concurrencer Airbus ou Boeing lorsqu'il volera en 2016, va dans naturellement dans ce sens (lire ci-dessous). Aéronautique, TGV, conquête spatiale, industrie nucléaire, dépenses militaires, ou politique du chéquier à l'égard de l'Afrique ou de l'Asie centrale ? la Chine a promis cette semaine 10 milliards de dollars aux anciennes républiques soviétiques?l'empire du Milieu ne cache plus ses ambitions.

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