La crise coupe les ailes des voyagistes français

Les voyagistes français comparent la situation actuelle à la crise qu'ils ont vécue après les attentats aux États-Unis de septembre 2001. Le président du syndicat de la profession, le Ceto, René-Marc Chikli, explique que, en septembre et octobre, les réservations de voyages long-courriers étaient en chute de 30 % tandis que la demande sur les destinations moyen-courriers reculait de 5 % à 10 % par rapport à l'an passé. D'après ses premiers constats, la situation s'est encore dégradée en novembre. Seuls les ventes de voyages pour les États-Unis, l'Égypte et les séjours au ski connaissent une tendance favorable. Pour le reste, c'est le calme plat dans les agences. « La question aujourd'hui n'est pas de savoir si la crise est plus grave qu'en 2001 mais si elle sera plus durable », souligne le président des agences de voyages et du tour-opérateur Thomas Cook France, Denis Wathier.La période se caractérise par une absence inédite de visibilité. En effet, même les périodes de vacances scolaires, traditionnellement réservées à l'avance par les familles, qui veulent être sûres de pouvoir partir, ont du mal à se vendre. Le président de Fram, Antoine Cachin, souligne que le phénomène de vente de dernière minute, croissant d'année en année, est actuellement renforcé par une peur des clients de s'engager à l'avance sur des dépenses dans le contexte actuel. Ainsi, les départs pour la semaine de Noël ne sont pas complets. Et le grand flou règne pour les mois de janvier, février, mars et avril. Fram enregistre pour le moment une baisse de 10 % de ses ventes pour la saison d'hiver mais ce retard a tendance à se creuser au fil des semaines.Les voyagistes spécialisés sur le long-courrier souffrent le plus. « Les destinations long-courriers purement balnéaires sont particulièrement affectées », constate le directeur général de Vacances Transat, Patrice Caradec. Sa société affiche une baisse de 5 % de son chiffres d'affaires sur l'hiver au lieu d'une croissance de 10 % initialement prévue.promotions raresMalgré cette situation, les promotions sont rares car les professionnels préfèrent rendre les places d'avion et les chambres d'hôtel plutôt que de faire des ventes à perte. Le groupe Nouvelles Frontières, qui dispose de sa propre compagnie aérienne et de ses hôtels, ne dispose pas de cette facilité. Le président du groupe Nouvelles Frontières, Jean-Marc Siano, lance aujourd'hui une campagne intitulée « prix de crise » sur la République dominicaine, Cuba, le Kenya, le Sénégal et les Antilles, qui ont besoin d'être relancés « par une action sur les prix ».Les spécialistes des prix bas, déjà bien orientés ces derniers mois, semblent mieux armés pour traverser la crise. « Les clients font attention à ce qu'ils achètent, surtout par les temps qui courent », explique le président de Marmara, Hervé Vighier. Selon lui, ses ventes « se portent bien ». De son côté, Go Voyages, spécialiste des vols secs, profite à plein de cette période, comme cela avait été le cas pour lui en 2001. Carlos Da Silva, son président, affirme surfer en ce moment sur une croissance de 40 % de ses ventes et, en novembre, le rythme atteint même 50 %.

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