En 2009, l'agriculture aura une nouvelle loi

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Hier, Nicolas Sar- kozy était à la campagne. Pas pour prendre l'air entre le sommet social et la rencontre avec les élus d'outre-mer, mais pour s'adresser à une autre fraction de la France qui souffre : celle des exploitants agricoles. Pour eux, l'exceptionnelle année 2007 n'aura été qu'un répit. Une poignée d'exploitations reçoit l'essentiel des subventions européennes et concentre les richesses. Mais, pour le plus grand nombre, être agriculteur aujourd'hui est synonyme de travailler beaucoup pour gagner rien ou presque. D'ailleurs le nombre d'exploitations est en constante diminution en France depuis des années. Si la surface cultivée demeure stable, c'est que les exploitants qui restent en activité s'agrandissent. Et la production augmente grâce à une croissance exponentielle de la productivité du travail agricole, due notamment au progrès technique.deux logiquesLes paysans français sont pris entre le marteau et l'enclume. Ils dépendent d'abord des décisions de Bruxelles, la politique agricole étant la première activité mutualisée de l'Europe. Ils subissent donc l'affrontement de deux logiques : le tout marché défendu notamment par les pays anglo-saxons et la régulation chère aux pays latins. Les réformes successives de la politique agricole commune (PAC) l'ont progressivement façonnée pour qu'elle soit compatible avec les règles de l'Organisation mondiale du commerce. Nicolas Sarkozy a voulu changer le cap pendant la présidence française de l'Union. Et planter les jalons de la PAC pour la prochaine programmation budgétaire communautaire de l'après-2013.En pure perte. Les Vingt-Sept se sont finalement entendus sur un compromis technique afin d'adapter la PAC au contexte actuel des marchés mondiaux. Les discussions sur une profonde réforme de la politique agricole n'interviendront qu'avec l'ouverture des marchandages pour la programmation budgétaire communautaire pluriannuelle de 2014-2020. Bref, avant de parler politique agricole, les États membres de l'Union plancheront d'abord sur les crédits et les dépenses. Et il y a fort à parier que l'Angleterre ne lâchera rien de son rabais au budget communautaire si elle n'obtient pas une réduction drastique de l'enveloppe de la PAC.« Nous sommes passés d'une politique agricole à une technique de gestion », se lamente Jacques Carles, délégué général de Momagri, un « think tank » spécialisé. La Commission de Bruxelles a assis sa politique agricole sur un pari risqué : la durabilité des prix alimentaires élevés. D'où son projet de réduction des subventions aux exploitations. Or, après avoir battu record sur record, les cours des denrées sont en chute plus ou moins sensible selon les secteurs. Sans aide, des pans entiers de l'agriculture, notamment dans des zones difficiles comme la montagne, disparaîtraient. Les États membres de l'Union ne peuvent subventionner la production agricole mais peuvent aider individuellement les paysans en difficulté selon des critères de ruralité ou écologiques. Nicolas Sarkozy, qui est sur tous les fronts face à la crise économique, a saisi l'occasion de l'ouverture ce samedi du Salon international de l'agriculture à Paris pour présenter son projet de « modernisation » de l'agriculture française. Un texte de loi sera déposé avant la fin 2009. Il devra contribuer à « consolider » la compétitivité de l'agriculture française et à « renforcer son organisation économique dans un contexte renouvel頻 par la préparation de la réforme radicale de la PAC. Mieux utiliser l'eau, protéger les sols, planter de nouvelles haies, développer l'agriculture bio constitueraient quelques-uns des objectifs.

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