Sarkozy fléchit mais maintient son cap économique

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Au milieu des difficultés que nous traversons, je vous propose le seul chemin qui vaille, celui de l'effort, celui de la justice, celui du refus de la fatalité. » Nicolas Sarkozy a certes donné mercredi une inflexion « sociale » à son plan de relance, avec des mesures sur la consommation ciblées sur « les plus fragiles », mais le chef de l'État reste persuadé que ses choix de politique économique sont les seuls valables.« Nous sortirons de la crise en modernisant la France, en misant tout sur l'investissement, sur la réforme, sur le travail, pas en embauchant davantage de fonctionnaires ou en rétablissant l'autorisation administrative de licenciement. Nous ne nous en sortirons pas non plus en augmentant massivement le Smic », a-t-il résumé mercredi soir à la télévision. « C'est très important de montrer qu'on a un cap. C'est très important de montrer qu'on ne change pas d'avis », a renchéri le ministre du Budget, Éric Woerth. Une attitude qui a suscité un commentaire aigre-doux du dirigeant de la CFDT, François Chérèque : « L'économie a changé, le président de la République dit que le monde change mais lui, dans sa tête, sur les problèmes de choix financiers, il a un blocage idéologique quand il parle de justice hier à la télévision et qu'il continue à faire des cadeaux fiscaux. »Même tonalité au Parti socialiste, où Martine Aubry juge que Nicolas Sarkozy « reste dans l'accompagnement, là où il faudrait un changement de cap ». « Ce qui importe dans un plan de relance de la consommation, c'est qu'il atteigne le seuil qui lui permet d'avoir un impact sur l'économie. Et ce ne sont pas ces 2,5 milliards d'euros distribués de façon dispersée qui vont amener ce choc », déplore le porte-parole du PS, Benoît Hamon. Mais la plupart des mesures affichées ? aides aux jeunes, aux familles, baisses d'impôts, fonds d'investissement social ? relèvent bien d'une relance par la consommation, qui n'ose pas dire son nom. Pour François Hollande, « ce qui surprend, c'est que Nicolas Sarkozy a, malgré tout, céd頻. Aux yeux de l'ex-patron du PS, ce changement de pied présidentiel peut « constituer un encouragement aux futures mobilisations » sur le pouvoir d'achat et les salaires. « La pièce est encore ouverte », souligne le député de Corrèze, qui juge par ailleurs que « l'erreur, c'est de passer par l'impôt, [?] un mécanisme assez lourd et assez grossier, qui va créer des frustrations » mais qui correspond sans nul doute à « un choix idéologique ».baisse sévèreC'est en effet sur la fiscalité que Nicolas Sarkozy s'est montré le plus ferme lors du sommet de l'Élysée. Il a réitéré son opposition à tout revirement sur le bouclier fiscal ou sur la défiscalisation des heures supplémentaires. Hier, des élus UMP s'interrogeaient sur le « décalage » perceptible dans l'opinion entre le plan français et « le choc de relance » orchestré par Barack Obama aux États-Unis. Pour Mathieu Plane, économiste à l'OFCE, « les mesures prises par Nicolas Sarkozy vont dans le bon sens, mais 2,5 milliards, cela représente 0,1 point de PIB seulement ». Après son intervention télévisée du 5 février sur ses réponses à la crise, le chef de l'État a enregistré une baisse sévère dans les sondages. Les Français sont aujourd'hui 60 % à juger mauvaise la politique économique suivie face à la crise. « Je joue mon quinquennat. » Cette phrase lâchée ces derniers jours par Nicolas Sarkozy à plusieurs de ses interlocuteurs semble toutefois indiquer qu'il garde en main un ou plusieurs jokers.

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