Canal Plus : l'irrésistible ascension du « Grand Journal »

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Hier soir, 19 juin, Michel Denisot a reçu Woody Allen sur le plateau du « Grand Journal » de Canal Plus. Avant-hier, c'est Daniel Cohn-Bendit, vedette politique depuis le scrutin européen du 8 juin, qui assurait la rédaction en chef de l'émission. Au cours de cette saison télévisuelle 2008-2009, qui s'est achevée hier soir, « Le Grand Journal » a confirmé sa position de rendez-vous quotidien incontournable du paysage audiovisuel. Ses deux derniers grands invités illustrent l'ambition éditoriale de Rodolphe Belmer, le directeur général de la chaîne et directeur général adjoint du groupe Canal Plus, pour « Le Grand Journal » : « être une référence de l'actualité sociale, politique et culturelle ». De fait, quand le mythique groupe de rock U2 fait sa première télévision depuis vingt-cinq ans, c'est le plateau du « Grand Journal » qu'il choisit (23 février 2009). Et quand Barack Obama accorde une interview à une chaîne française, c'est encore dans « Le Grand Journal » (2 juin 2009) qu'elle est diffusée.8 % de part d'audienceÀ sa première rentrée, en 2004, « Le Grand Journal », alors cantonné à une tranche de 19?h?10 à 19?h?55, a réuni en moyenne 4,2 % de part d'audience. Depuis 2005, sa plage horaire a été étendue avec une « suite » après « les Guignols », de 20?h?10 à 20?h?45. En 2008-2009, pour sa cinquième saison, l'émission a atteint 8 % de part d'audience en moyenne (hors « Guignols » à 20 heures). À plusieurs reprises, Canal Plus est passé devant M6 à l'heure du « Grand Journal ». Si 1,5 à 2 millions de personnes sont en moyenne devant l'émission, ils sont plus de 5 millions à y passer un moment tous les jours. « Nulle Part Ailleurs » (NPA), associée dans les mémoires à la « grande époque » de la chaîne cryptée, réalisait en 1992-1993 sa meilleure année avec 7,8 % de part d'audience à la même heure. Avant de s'arrêter en 2001, elle n'attirait plus que 5 % de part d'audience. Et c'était avant l'arrivée de chaînes concurrentes de la TNT.Le secret de la réussite : du travail, selon le chef d'orchestre du « Grand Journal », Michel Denisot, qui assure plancher des heures pour sembler décontracté face à ses invités ; une équipe de chroniqueurs (Jean-Michel Apathie, Ariane Massenet, Omar et Fred, ect.) stable depuis deux ans, et dont l'amalgame éclectique fonctionne ; des sujets sérieux, traités dans la bonne humeur ; et une chaîne qui lui a laissé le temps de peaufiner la formule année après année.Le succès du « Grand Journal » met en lumière celui de l'ensemble des émissions en clair de Canal Plus ? « La Matinale », « Édition spéciale » à la mi-journée ? dont la part d'audience est en hausse de 15 %. Une performance qui nargue l'érosion des autres chaînes « historiques » face aux nouvelles venues de la TNT.Historiquement conçue comme une vitrine de la chaîne payante, la grille en clair était jusqu'à présent assumée comme un coût, de l'ordre de 100 à 110 millions d'euros sur un total de 1,3 milliard d'euros pour l'ensemble des programmes de la chaîne cryptée. Cette saison, elle est devenue rentable pour la première fois, grâce à des recettes publicitaires certes marginales par rapport aux abonnements du groupe Canal Plus, mais en forte hausse. Selon le bilan Yacast, en mai 2009, Canal Plus affiche une hausse de 25,7 % de ses ventes d'espaces pub (en brut), sur un marché en baisse de 7,5 % pour les chaînes hertziennes historiques.priorité à la tv payantePour autant, assure Rodolphe Belmer, « on ne fait pas ?Le Grand Journal? pour gagner de l'argent ou faire plus d'audience, mais pour faire entrer Canal Plus dans les foyers ». Mais cela ne suffit pas à provoquer un élan des abonnements, à une période où les foyers regardent à la dépense. Pour 2009, le groupe annonce une croissance certes, mais ralentie de son portefeuille abonnés, par rapport au gain net de 300.000 clients engrangé en 2008.À la rentrée prochaine toutefois, il est prévu de continuer à embellir la « vitrine » de la diffusion en clair, avec quelques innovations dans « Le Grand Journal », et surtout une refonte des émissions du week-end. « Plus Clair », l'émission sur les médias du samedi, cédera la place à une émission de décryptage de la communication, politique notamment. « L'Effet papillon », le dimanche, sera renforcé, annonce Rodolphe Belmer, pour devenir « LE » grand magazine d'info de Canal Plus, une référence sur l'actualité, comme « Le Grand Journal » dans son genre.Mais pas question de chercher à élargir les tranches en clair de la chaîne Canal Plus, affirme Rodolphe Belmer. La réglementation ne le permettrait d'ailleurs pas. « Notre priorité reste la télévision payante », a assuré Bertrand Meheut, PDG du groupe Canal Plus, dans « Le Monde » du 18 juin. « Si notre offre payante sur la TNT est suffisante, nous pourrons réfléchir au lancement d'une chaîne gratuite. Mais le marché de la publicité est très dégrad頻, ajoute-t-il prudemment. n Canal affiche une hausse de 25,7 % de la publicité en mai sur un marché en baisse de 7,5 % pour les chaînes historiques.

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