par Yann-Antony Noghès, à Bruxelles La City n'est plus ce qu...

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La City n'est plus ce qu'elle était. Pendant dix ans, Londres a fait de sa politique de « régulation légère » un atout dans la compétition mondiale. Tout en encourageant l'intégration et la libéralisation des marchés à l'échelle européenne, elle avait répugné à concéder à une entité communautaire toute espèce de pouvoir sur ses marchés et sur ses institutions. On lui prêtait l'espoir de faire de son superviseur, la Financial Services Authority, la référence en Europe. Le sommet européen qui se déroulait cette semaine à Bruxelles a changé la donne.« Nous avons créé ni plus ni moins que de nouvelles instances européennes », a déclaré le président Sarkozy à l'issue de la réunion. Non seulement la création du système des trois autorités de supervision européennes pour les banques, les assurances et les marchés financiers est confirmée. Mais, comme le souhaitait ardemment Paris, elles seront dotées de réels pouvoirs, alors que les actuels « comités » qui en ont été l'embryon ne jouent qu'un rôle consultatif. La déclaration finale du sommet insiste aussi sur le fait que les agences de notation seront placées sous leur surveillance. Au-delà, le Conseil souhaite que ces trois autorités de supervision jouent un rôle de coordination dans la gestion des crises. Une manière de prévenir les réflexes nationaux observés au lendemain de la faillite de Lehman Brothers, en septembre dernier.« précision » de tailleLe revirement de Londres s'est fait au prix d'une « précision » de taille. Les décisions de ces autorités paneuropéennes ne devront pas emporter de conséquences budgétaires pour les États membres. Autrement dit, elles ne pourront obliger tel ou tel pays à accorder une garantie ou des capitaux à une institution défaillante. Mais « les crises sont des cas exceptionnels, ce n'est pas l'essentiel de la supervision », soulignait hier une source élyséenne.Londres a également tenu à ce que le futur Conseil européen du risque systémique, en charge d'évaluer les menaces potentielles pesant sur la stabilité financière et d'émettre des alertes et recommandations, ne soit pas nécessairement présidé par le président de la Banque centrale européenne. « Question d'affichage », assure un diplomate, le Royaume-Uni n'étant pas dans la zone euro.Il faut « laisser vivre ces institutions », a déclaré Nicolas Sarkozy à l'issue du Conseil, laissant entendre que, comme toutes les entités communautaires, les autorités auraient tendance à étendre progressivement leur pouvoir. À charge désormais à la Commission de présenter sa proposition législative d'ici au début de l'automne pour une mise en place courant 2010. nLa surveillance financière devient européenneLes dirigeants de l'Union européenne se sont notamment entendus sur la création d'un Conseil du risque systémique, au prix de quelques concessions.

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