Le modèle Google nargue la crise

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C'est la première récession économique que Google s'apprête à affronter. Le moteur de recherche, qui a fêté ses 10 ans en septembre, avait en effet été épargné par l'éclatement de la bulle au début des années 2000 pour deux raisons : il n'était pas concerné par l'effondrement des valorisations, n'étant pas encore coté en Bourse, et son modèle économique publicitaire était à peine né. Mais aujourd'hui le marché publicitaire dont Google tire l'essentiel de ses revenus voit ses clignotants passer à l'orange. Maurice Lévy, le patron de Publicis, a ainsi prévenu le 13 octobre que le marché publicitaire mondial devrait cette année stagner au quatrième trimestre. Aussi, plusieurs analystes de Wall Street avaient ces dernières semaines prudemment (et logiquement ?) revu à la baisse leurs prévisions de résultat pour Google.Or jeudi soir le moteur de recherche a surpris avec des comptes trimestriels au-dessus des prévisions. Son chiffre d'affaires atteint 5,54 milliards de dollars (4,1 milliards d'euros), affichant une hausse de 31 % par rapport au troisième trimestre de l'exercice précédent.UN BOND AU NASDAQUn rythme de croissance insolent qui repose sur la poursuite de la hausse de la publicité sur Internet. " Les clics sur les publicités ont augmenté de 18 % ", a relevé Patrick Pichette, le directeur financier de Google, en commentant les résultats. Le trimestre précédent, cet indicateur affichait une croissance voisine de 19 %. Le bénéfice net sur le trimestre ressort à 1,35 milliard de dollars en hausse de 26 % et le bénéfice par action s'établit à 3,5 % au-dessus du consensus.Les marchés ont salué cette performance, et l'action Google a terminé vendredi sur un bond de 4,67 % sur un Nasdaq en baisse de 0,37 %. Pour autant, Sergey Brin, le cofondateur du moteur de recherche, n'a pas joué les arrogants face à l'inquiétude ambiante. " Nous adoptons une approche prudente ", a-t-il commenté en annonçant un coup de frein des investissements : 452 millions de dollars sur trois mois contre 697 millions le trimestre précédent. Pour Eric Schmidt, le PDG du groupe, c'est le modèle de Google qui se trouve conforté. " Alors que les budgets marketing sont resserrés, les annonces ciblées, mesurables, sont plus précieuses pour les annonceurs, a-t-il expliqué à la presse. Et comme les budgets des consommateurs sont resserrés, les gens utilisent Internet pour comparer les prix et faire la chasse aux bonnes affaires en ligne et dans les magasins. " Mais le géant du Net n'est pas hermétique à la crise. En Grande-Bretagne, le second marché de Google après les États-Unis, le chiffre d'affaires ne progresse plus que de 17 % sur un an. Pis, il est étale par rapport au trimestre précédent.Le Google Phone sonneLe premier téléphone fonctionnant sous Android, le système d'exploitation développé par Google, sort mercredi aux États-Unis chez l'opérateur T-Mobile,au prix de 179 dollars (133 euros) avec un contrat de deux ans. Baptisé G1 et surnommé le Google Phone, ce téléphone, fabriqué par le taiwanais HTC, est doté d'un écran tactile, d'une interface proche de l'iPhone d'Apple et d'un clavier coulissant. Les contacts et le calendrier ne se synchronisent qu'avec des applications Google. Forrester estime qu'il s'en vendra moins de 500.000 unités.

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