Bercy n'admet pas encore l'ampleur de la récession

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Faites vos jeux, les paris sont ouverts. Lundi, la Commission européenne indiquait tabler pour la France en 2009 sur un déficit public à 5,4 % du PIB. « Ce ne sont pas aujourd'hui nos prévisions », a indiqué hier Éric Woerth. Pour le ministre des Comptes publics, le déficit public sera de 3,2 % en 2008 et atteindra 4,4 % du PIB (3,9 % précédemment) en 2009, soit une aggravation de 9 milliards d'euros. Tout ceci modifie évidemment les prévisions pour les années suivantes avec à l'horizon 2012 un déficit ramené à 1,5 % du PIB (voir graphique).L'écart entre Paris et Bruxelles pour 2009 « renvoie intégralement à des hypothèses de croissance différentes, pas à une compréhension différente de la politique budgétaire menée », a expliqué Éric Woerth devant les députés de la commission des Finances qui l'auditionnait. Il est généralement admis qu'un point de croissance en moins se traduit par un accroissement du déficit public de 0,5 point. Or la France, pariant notamment sur l'impact des mesures de relance, maintient pour l'instant son hypothèse d'une croissance comprise entre 0,2 % et 0,5 % quand Bruxelles table sur un recul de l'activité cette année de 1,8 %? Stabilisateurs En d'autres termes, si la croissance venait à être inférieure à la fourchette actuellement envisagée, la prévision de déficit public de la France pourrait à nouveau être révisée et se rapprocher de l'estimation de la Commission européenne. Car Éric Woerth l'a encore répété : « Si la croissance est négative, nous laisserons jouer les stabilisateurs automatiques, nous ne compenserons pas les manques à gagner de recettes fiscales ou de cotisations sociales. » Cette nouvelle prévision de déficit n'est donc certainement pas la dernière. Renvoyant Bruxelles et le gouvernement dos à dos, Philippe Marini, estime quant à lui que « personne n'est capable » de prévoir le déficit public de la France fin 2009. « Personne n'a la vérit頻, constate le rapporteur général (UMP) du Budget au Sénat.La révision de la prévision de déficit public résulte en grande partie d'une nouvelle prévision de déficit budgétaire pour 2009, la troisième en quelques semaines. Désormais le gouvernement table sur un déficit de l'État de 86,5 milliards d'euros alors que le projet de budget présenté en septembre pronostiquait un solde négatif de 52,1 milliards d'euros. Cet écart traduit, d'une part, l'impact financier du plan de relance et, d'autre part, l'effondrement des recettes fiscales (voir encadré). Les rentrées d'impôt sur les sociétés et de TVA déclarée par les entreprises sont particulièrement en berne. Dans ce constat, le gouvernement voit la justification de son choix de privilégier dans son plan de relance le soutien aux entreprises et à l'investissement plutôt que la consommation. La reprise dès 2010, comme l'escompte le gouvernement, dépendrait désormais de la capacité des acteurs à dépenser vite et bien notamment en ce qui concerne les infrastructures (routières, ferroviaires) ou les équipements. Mais, pour Philippe Marini, « les pesanteurs, les complexités et les contradictions de l'administration française » sont telles « que l'on n'est jamais assuré, quand on inscrit un euro de crédit, qu'il pourra vraiment être dépensé. ». Alors que le gouvernement fait le pari d'un investissement public concentré essentiellement sur 2009, le sénateur de l'Oise examine un scénario moins favorable. Si les investissements étaient plus lents que prévu, c'est-à-dire répartis également entre 2009 et 2010, « l'impact sur le PIB serait de l'ordre de 0,3 point en 2009 comme en 2010 », souligne-t-il dans son rapport sur le plan de relance. C'est moitié moins que l'estimation faite par le gouvernement en décembre.

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