Les paradoxes des citoyens européens

Les Européens sont profondément inquiets des répercussions de la crise économique mondiale. Et souhaitent vivement que les États membres de l'Union coordonnent leurs actions pour y faire face. Mais, paradoxalement, ils considèrent majoritairement que l'euro n'a pas diminué les effets négatifs de la crise alors que l'Union monétaire constitue la politique la plus intégrée et la mieux pilotée de l'Union européenne. Bref, on a l'impression que les citoyens ont une perception théorique idéaliste de la construction européenne mais détestent ce qui se pratique. C'est le principal enseignement que l'on peut tirer des résultats de l'enquête menée par Eurobaromètre de la mi-janvier à la mi-février. Commandée par le Parlement européen, qui souhaitait mesurer, à la veille des prochaines élections du 4 à 7 juin, la perception qu'ont les citoyens de l'action de l'Union face à la crise économique, l'enquête montre que l'inquiétude est très forte dans tous les pays et elle porte tout autant sur la situation actuelle que future. 44 % des 22.218 personnes interrogées dans tous les pays de l'Union considèrent que les États membres ont réagi de manière individuelle et 61 % considèrent que les Européens seraient mieux protégés si les États membres adoptaient une approche coordonnée. Les Français, qui ont rejeté le projet de traité constitutionnel, sont même 69 % à demander davantage de coordination, comme les Néerlandais, qui sont 72 %. On remarque d'ailleurs que l'« euro-béatitude » augmente en proportion du marasme économique. Ainsi, 83 % des Estoniens, 78 % des Grecs et 76 % des Hongrois demandent davantage de coordination. Concernant le niveau le plus efficace pour lutter contre la crise, les réponses sont marquées par de fortes différences selon l'appartenance ou non au G8 ou en raison de la gravité de la crise sur le territoire national. Les Français estiment par exemple à 29 % que le G8 serait plus efficace pour lutter contre la crise que l'UE (15 %) ou le FMI (11 %), alors que les Roumains sont à 23 % à penser que l'UE serait plus efficace que le G8 (11 %) ou le FMI (8 %). Enfin, sur le rôle « protecteur » de l'euro , en moyenne, 44 % des Européens pensent que ce n'est pas le cas, les réponses négatives atteignant 49 % en France et 54 % en Allemagne, soit le même niveau que les très eurosceptiques Britanniques. Marc Degerils considèrent majoritairement que l'euro n'a pas diminué les effets de la crise.

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