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Le trafic aérien dans la tourmente

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Publié le 02 novembre 2008 à 00:30 - Mis à jour le 02 novembre 2008 à 00:30

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Tous les passagers à destination de New York LaGuardia, quelle que soit l'heure prévue de leur départ, sont invités à prendre le prochain vol Delta Air Lines pour embarquement immédiat en porte 22. " Pour quelques chanceux devant quitter Washington pour la Grosse Pomme en ce vendredi d'automne, le week-end démarre bien. Les voyageurs ayant choisi d'arriver tôt au Ronald Reagan Washington National Airport du fait des consignes de sécurité n'ont pas à attendre le vol sur lequel ils étaient enregistrés en début de soirée et peuvent s'engouffrer dans cet appareil qu'ils croient prêt à décoller. Une fois à bord, l'heure est au déchantement. L'avion est déjà rempli de passagers nerveux et exténués, dont certains sont cloués à leur siège depuis le début de l'après-midi. Tous ont été conviés à " embarquer immédiatement " dans cet appareil providentiel mais ignorent toujours à quelle heure il quittera finalement la capitale fédérale.1 MILLIARD DE PASSAGERS EN 2015Du fait d'une panne du système de contrôle du trafic aérien à New York, des dizaines de vols ont été annulés ou différés. Le biréacteur de Delta finira par s'envoler - quand la plupart resteront sur le tarmac - mais certains passagers auront dû patienter sept heures, pour effectuer un voyage de 75 minutes... Ce type de mésaventure n'a rien d'exceptionnel aux États-Unis où 30 % des vols accusent des retards importants sur les lignes intérieures, tandis que les aéroports de la côte Est sont régulièrement paralysés par la congestion du trafic aérien. Le 27 août, des centaines de vols ont été retardés du fait d'une panne du système informatique grâce auquel les pilotes indiquent leur plan de vol. La colère des Américains est telle que les candidats à la présidentielle se sont alors emparés de cet incident. Le républicain John McCain a jugé que ce problème technique avait " une fois de plus souligné le besoin de réformer et de réparer un système défaillant ". Le démocrate Barack Obama a pour sa part remarqué que " les Américains en avaient plus qu'assez des retards et annulations " de vols.Les associations de passagers, par ailleurs révoltées par la diminution des services offerts par les compagnies aériennes dans une situation financière précaire, ne croient pas à une sortie de crise rapide. Le système américain de contrôle du trafic aérien fonctionne toujours à l'aide de radars et sera progressivement remplacé par un système satellite qui doit être achevé en 2025. Or, 270 millions de personnes ont pris l'avion aux États-Unis l'an dernier et la Business Travel Coalition, qui représente les passagers d'affaires, estime que leur nombre passera à 1 milliard à l'horizon 2015. L'Administration fédérale de l'avion (FAA) prévient que ce chiffre pourrait ensuite " doubler, voire tripler d'ici à 2025 ".Pour tenter de fluidifier au plus vite le trafic aérien, l'administration Bush a récemment voulu se livrer à une expérience : la FAA a tenté de mettre aux enchères des créneaux horaires au départ de l'aéroport de Newark, dans le New Jersey. La réaction de l'Association du transport aérien (ATA), qui représente les compagnies aériennes, ne s'est pas fait attendre. Celle-ci a intenté un procès actuellement en cours au gouvernement car, selon elle, il n'avait pas le droit de vendre ces créneaux." DECREPITUDE "Pendant les conventions démocrate et républicaine, Roger Dow, le président de l'Association de l'industrie du voyage (TIA), a interpellé Barack Obama et John McCain, appelant le futur locataire de la Maison-Blanche à restaurer les infrastructures de transport tombées " en décrépitude ". Selon lui, " le coût économique associé au retard et à l'annulation de vols commerciaux s'est élevé à plus de 25 milliards de dollars au cours de l'année écoulée ". Les compagnies aériennes demandent notamment la construction de nouvelles pistes d'atterrissage, dont le financement dépend des pouvoirs publics. La privatisation à la fin septembre du Midway Airport par la municipalité de Chicago est en effet la première du secteur dans l'histoire des États-Unis.PRIVATISATION D'AMTRAKQu'il s'agisse du transport aérien, routier, du réseau électrique ou des installations portuaires, le prochain président devra engager la bataille des infrastructures. Selon l'Agence américaine d'ingénierie civile (ASCE), " 1.600 milliards de dollars seront nécessaires sur cinq ans pour rétablir les infrastructures " du pays alors que " black out ", accidents mortels liés à des routes dangereuses et effondrements de ponts font régulièrement la manchette des journaux américains. Barack Obama promet de créer une banque dotée de 60 milliards de dollars pour rétablir les infrastructures vétustes des États-Unis, avec pour priorité les transports. John McCain s'engage aussi à rénover les infrastructures américaines mais demeure plus allusif. Son programme ne fait pas référence aux efforts qu'il entend consentir et, au Sénat, il s'est opposé à plusieurs projets de loi visant à financer la modernisation des transports aux États-Unis. Partisan d'une intervention limitée de l'État dans les affaires économiques, le sénateur de l'Arizona a aussi proposé la privatisation d'Amtrak, le réseau ferroviaire public.Des nids-de-poule aux ponts qui cèdentEn plus de la crise financière, sans parler des guerres en Irak et en Afghanistan, le prochain président aura aussi à gérer une autre bombe à retardement : celle des infrastructures. Des digues qui cèdent et inondent La Nouvelle-Orléans aux ponts qui s'écroulent en passant par les nids-de poule sur les routes et des installations obsolètes, le réseau américain est en souffrance. Selon la direction des autoroutes, les investissements consacrés aux infrastructures représentent moins de 1 % du PIB. John McCain promet de lutter contre la corruption dans le secteur, citant l'exemple devenu fameux du pont " menant nulle part " qui devait être construit en Alaska pour la modique somme de 223 millions de dollars ; de son côté, Barack Obama affirme : " Si on est capable de reconstruire Bagdad, on peut faire de même à Philadelphie. " L. J. B.

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