Le Japon se prépare à un scrutin historique

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ÉlectionsEn annonçant hier la dissolution de la Chambre des députés, le Premier ministre nippon, Taro Aso, a fait un grand saut dans l'inconnu. Il lance la bataille pour les législatives, programmées pour le 30 août, alors que les sondages donnent perdante sa formation politique, le Parti libéral-démocrate (PLD), et que sa cote de popularité personnelle reste médiocre (moins de 20 % de satisfaits). En revanche, les chances de son principal opposant, Yukio Hatoyama, à la tête du Parti démocrate du Japon (PDJ), de remporter la majorité à la chambre basse de la Diète et de mettre fin à un demi-siècle de règne quasi ininterrompu du PLD, sont bien réelles. Mais Taro Aso avait-il le choix ?Arrivé au pouvoir en septembre dernier, le chef de l'exécutif nippon a hérité d'une situation politique et économique complexe. La quasi-paralysie parlementaire, depuis que le PLD a perdu sa majorité au Sénat en 2007, et la faible longévité de ses deux prédécesseurs (Shinzo Abe et Yasuo Fukuda) ont été mal vécues par les Japonais, fortement touchés par la crise internationale. Les divisions au sommet de l'État ont rendu délicate l'adoption des mesures de relance économiques pourtant nécessaires pour enrayer la contraction de l'économie.Certes, la banque centrale nippone estime que les conditions économiques ont cessé de se détériorer en juillet, soutenues par la progression des dépenses publiques et la reprise des exportations et de la production industrielle. Mais la consommation reste fragile.politique socialeL'activité dans les services s'est repliée en juin et les économistes de BNP Paribas tablent sur la poursuite de ce mouvement dans les prochains mois. Car « la consommation privée devrait demeurer déprimée, la détérioration du marché du travail et des revenus entamant le pouvoir d'achat des ménages », relèvent-ils. Le gouvernement a eu beau verser en mars environ 21 milliards de dollars d'aide aux ménages sous forme de chèque pour soutenir la consommation, mais leur impact « semble déjà s'estomper », estime BNP Paribas. C'est justement sur ce thème de la consommation des ménages que le PDJ pourrait axer sa campagne électorale, en promettant une politique plus sociale et moins libérale. Selon son projet de programme, le PDJ pourrait réduire de 26,6 milliards de dollars les impôts sur le gaz et l'essence et consacrer 56 milliards de dollars à l'aide à l'enfance alors que le taux de fécondité n'est plus que de 1,34 enfant par femme. Pour ne pas trop aggraver l'état des finances publiques (la dette publique est proche de 200 % du PIB), il promet de réduire les gaspillages des deniers publics.Laurent Chemineau

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