L'Iran, un test pour Obama

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Diplomatie« Les États-Unis comme la communauté internationale sont outrés par les menaces, les violences et les emprisonnements des derniers jours en Iran. Je condamne sans appel ces actions injustes. » C'est par ces propos que le président Barack Obama a entamé sa conférence de presse, hier, avant de poursuivre sur des questions de politique intérieure. C'est plus qu'il n'en avait dit ces derniers jours, mais moins que ce qu'espéraient certains. La prudence du président américain sur l'Iran depuis les résultats constestés du scrutin présidentiel du 12 juin dernier a suscité nombre de critiques. À droite, d'abord. De l'ancien candidat à la Maison-Blanche, John McCain, à Lindsey Graham, autre poids lourd républicain, l'opposition regrette haut et fort qu'Obama ne soit pas Reagan? Alors que le président Obama insiste sur le fait qu'il revient aux seuls Iraniens de gérer la crise actuelle, Ronald Reagan osait l'ingérence, comme dans son célèbre?: « Monsieur Gorbatchev, faites tomber ce mur [de Berlin]. » Et au lieu de proposer, comme le fait Obama, de prendre langue avec n'importe quel gouvernement iranien dans le but de régler le problème de l'usage du nucléaire par Téhéran, Reagan lançait la guerre des étoiles? À gauche, ensuite. « Les mouvements en faveur des droits de l'homme commencent à s'impatienter », poursuit ainsi Nile Gardiner, de la Fondation Heritage. « Et les dissidents iraniens craignent que l'administration Obama ne les sacrifie en compensation d'une négociation sur le nucléaire », ajoute de son côté Patrick Clawson, spécialiste de l'Iran à l'Institut de Washington sur la politique au Proche-Orient.complexitéQuant à l'opinion publique américaine, elle pourrait, face aux violences affichées tous les soirs à la télévision, se montrer de plus en plus sceptique sur l'idée d'une négociation avec un tel pays. Et il ne faut pas négliger d'éventuels tiraillements au sein même de l'administration Obama. Certains observateurs estiment en effet que la secrétaire d'État, Hillary Clinton, ne partage pas l'attitude mesurée du président, et pourrait bientôt le faire savoir.Autant dire que le dossier iranien, plus complexe que la Corée du Nord ? cette dernière affichant une attitude clairement belliqueuse ? pourrait bien se transformer en un test pour le président Obama. Le pouvoir iranien souffle en tout cas le chaud et le froid, en excluant l'annulation de la présidentielle dans un premier temps et en acceptant dans un second de prolonger de cinq jours le délai d'examen des plaintes post-électorales. Lysiane J. Baudu

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