Pouvoir et corruption

 |  | 394 mots
Lecture 2 min.
cinémaEt si Hollywood parvenait à trouver son salut auprès des documentaristes ? Auteur de deux enquêtes passionnantes sur les attentats des Jeux olympiques de Munich (« Un jour en septembre ») et la survie d'alpinistes prisonniers des neiges dans les Andes péruviennes (« la Mort suspendue »), l'Écossais Kevin MacDonald ? passé par la fiction depuis avec « le Dernier Roi d'Écosse » sur Idi Amin Dada ? régénère aujourd'hui le genre du film politique américain avec « Jeux de pouvoir ». Et fait appel aux stars hollywoodiennes pour parler de corruption ou de la situation actuelle de la presse.Ben Affleck interprète donc sous sa direction le rôle de Stephen Collins, un ancien soldat devenu membre du Congrès et président de la commission supervisant les dépenses du Pentagone. L'homme, marié, a les dents longues, et son ascension promet d'être fulgurante. Jusqu'au jour où son assistante est suicidée dans le métro, au moment même où il s'apprêtait à faire des révélations sur les recherches effectuées par sa commission. Lâché par les siens, traqué par les paparazzis, mis au ban de la société pour avoir trompé sa femme, Collins n'a d'autre choix que de se réfugier auprès de Cal McAffrey (Russell Crowe), un ancien ami journaliste du « Washington Globe » qui décide alors de mener l'enquête pour élucider le meurtre de l'assistante.passionnantScandale sexuel, complot militaire, dérive du pouvoir? Inspiré de la série télé britannique au titre éponyme, « Jeux de pouvoir » réunit tous les ingrédients nécessaires pour faire un thriller politique à la fois divertissant et passionnant, mené à un train d'enfer. Et l'on ne peut s'empêcher, ici, de penser aux films des années 1970 signés Mann, Pollack ou Pakula avec Robert Redford ou Dustin Hoffman. D'autant que MacDonald en profite pour creuser des thèmes ô combien d'actualité.Les liens entre politiques et militaires ne sont pas sans rappeler ceux de l'ancien vice-président américain Dick Cheney avec la société Halliburton. Le réalisateur dresse également un formidable état des lieux de la presse aujourd'hui et s'interroge sur son avenir, à l'heure d'Internet, où il faut aller vite pour livrer une info. Ce qui ne laisse plus de place aux grandes enquêtes, privant ainsi les démocraties d'un véritable contre-pouvoir. n

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :