« Eurotunnel est définitivement tiré d'affaire sur le plan financier »

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Deux ans après le début de sa restructuration financière, peut-on dire qu'Eurotunnel est sorti d'affaire ? Oui, en termes de restructuration financière, Eurotunnel est définitivement tiré d'affaire. Notre projet d'offre publique d'échange simplifiée sur les bons de souscription d'actions (BSA) Groupe Eurotunnel SA a été déclaré conforme hier par l'Autorité des marchés financiers. Cela permet aux actionnaires, qui ont sauvé l'entreprise en 2007, de bénéficier d'un retour à meilleure fortune avec deux ans d'avance sur nos prévisions. Et, surtout, le caractère innovant de cette offre d'échange simplifie la structure de notre capital, dont la complexité pouvait rebuter certains investisseurs.En quoi l'offre est-elle innovante ?Du 25 juin au 15 juillet inclus, les actionnaires ayant participé à la restructuration auront la possibilité d'échanger 35 bons contre une action nouvelle, sans avoir à payer la soulte correspondant à 10 % du nominal. Cette dernière sera à la charge de notre intermédiaire, la Banque Lazard, qui en contrepartie aura droit à 10 % des nouveaux titres émis. Les porteurs de titres n'auront donc pas à débourser de cash. C'est un vrai avantage en période de crise. Ceux qui ne voudraient pas participer à cette opération devront attendre l'échéance, en 2011, pour exercer leurs bons et s'acquitter de 0,40 euro par action. Parallèlement, l'opération permettra à Eurotunnel d'améliorer son flottant et d'augmenter sa capitalisation boursière : si 100 % des BSA sont convertis, 123 millions d'actions nouvelles seront émis.L'OPE n'aura-t-elle pas un effet dilutif ?Pour le réduire, nous disposons d'une option d'achat, au prix unitaire de 4,05 euros, sur les actions qui seront détenues par la Banque Lazard. Il est fort probable que nous exercerons ce droit avant la fin de l'année pour annuler les titres acquis.Aurez-vous les moyens de le faire et de continuer à distribuer des dividendes ?Si l'on intègre l'encaissement des indemnités versées par les compagnies d'assurances liées à l'incendie du 11 septembre 2008, le groupe engrange des flux de trésorerie positifs tous les mois et au 31 mai, le montant des disponibilités atteignait plus de 300 millions d'euros. Pour la première fois de son histoire, Eurotunnel verse un dividende au titre de l'exercice 2008. Nous travaillons à pérenniser cette politique, même s'il est trop tôt pour dire, en cette période de crise, ce qu'il en sera exactement l'an prochain.Comment est orientée votre activité ?Notre activité Navettes représente près des deux tiers de notre chiffre d'affaires. Depuis la réouverture du tunnel, le 9 février, les particuliers traversant la Manche dans leur voiture sont revenus progressivement, même si le trafic reste légèrement inférieur à 2008, année excellente. Pour le transport de camions, l'incendie a eu lieu avant le renouvellement des contrats annuels, en novembre. Nous avons d'ores et déjà dit que les volumes issus de cette branche seront réduits de moitié en 2009 par rapport à 2008. Mais le manque à gagner doit être compensé par les indemnités d'assurance, qui couvrent deux ans de pertes d'exploitation à partir de la date du sinistre. En 2010, nous lancerons une campagne de communication pour reconquérir nos clients. Par ailleurs, Eurostar tient ses objectifs en termes de trafic et se bat efficacement contre la crise. Propos recueillis par Pierre-Angel Gay et Fabio MarquettyNous travaillons désormais à pérenniser notre politique de dividende.Jacques gounon, président d'eurotunnel

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