Premiers prêts de la Fondation Grameen Crédit Agricole

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microfinance Les 130 millions d'emprunteurs auprès d'instituts de microfinance dans le monde sont surtout présents en Asie et en Amérique latine. Voilà pourquoi la jeune Fondation Grameen Crédit Agricolegricole a choisi de donner la priorité à l'Afrique. Elle a signé huit dossiers de prêts à des institutions, notamment en Tanzanie, au Kenya, en Éthiopie, en Égypte et au Mali. Née en février 2008 de la rencontre entre le Prix Nobel de la paix, Muhammad Yunus, René Carron, président de Crédit Agricolegricole SA, et Georges Pauget, directeur général, la Fondation s'est vu attribuer par la Banque verte une enveloppe de 50 millions d'euros. Comme l'explique Jean-Luc Perron, directeur général de la Fondation, « l'objectif n'est pas de faire des subventions, mais d'utiliser la dotation pour prêter à des institutions de microfinance. Toutefois, nous ne voulons pas être un simple guichet financier. Nous souhaitons aussi capitaliser sur notre savoir-faire en accompagnant les institutions par des conseils ou de la formation ».créer un effet de levierLa Fondation dispose de plusieurs formules d'intervention. Prioritairement, elle souhaite apporter des garanties à des emprunts qui sont réalisés auprès de banques locales, ce qui permet de générer un effet de levier pour l'emprunteur et de mobiliser moins de moyens pour la Fondation. L'avantage est aussi de limiter les coûts d'une couverture de change. Quand la garantie n'est pas possible, un prêt est réalisé. L'échéance est de cinq ans maximum, et le taux d'intérêt fixé à l'institution emprunteuse varie selon le pays, le taux d'inflation, le contexte économique, etc. Les prêts peuvent aller jusqu'à 2 millions d'euros. À ce jour, les huit projets ont mobilisé 10 millions, mais, en rythme de croisière, les engagements annuels devraient être de 18 millions à 20 millions d'euros. Quant au modèle économique, Jean-Luc Perron explique que « les revenus du portefeuille ou des placements doivent permettre de supporter les coûts d'exploitation et le coût du risque. Et, en cas de surplus, cela va à des subventions pour de l'assistance technique pour les institutions de microfinance. D'ailleurs, à terme, nous envisageons la création d'un pôle d'assistance technique pour les aider ».Le caractère qualitatif du prêt est par ailleurs mis en avant. Pour chaque projet, la Fondation réalise, au préalable et sur place, deux types d'audit : financier et social. Sur ce dernier point, explique Jean-Luc Perron, « nous travaillons avec Cerise, un bureau d'études spécialisé dans la microfinance, qui a mis au point des indicateurs de performances sociales. Nous nous intéressons plus particulièrement à quatre indicateurs : le positionnement de l'institution sur l'échelle de la pauvreté, la transparence en matière de politique de prix [de taux d'intérêt], leurs relations avec les emprunteurs et le rôle de l'institution dans la promotion des femmes. En effet, sur le portefeuille d'opérations approuvées, le pourcentage de femmes emprunteuses est de 92 % ».

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