Le gaz australien attise

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Asie-pacifiqueDes cadres de Rio Tinto accusés d'espionnage industriel en Chine. Un ambassadeur, celui d'Australie en Chine, rappelé pour consultations au pays. Des médias chinois qui accusent la classe politique australienne de « sinophobie » et, enfin, une visite officielle, celle du dauphin du Premier ministre chinois, Wen Jiabao, annulée. Les relations entre Pékin et Canberra sont loin d'être au beau fixe. Pourtant, le dialogue commercial n'a jamais été aussi bon. Le contrat de fourniture de gaz, pour un montant de 30 milliards d'euros sur vingt ans, signé mardi dernier entre la filiale d'ExxonMobil en Australie et PetroChina ? « le plus important accord jamais sign頻, selon la presse australienne ? n'est que le dernier exemple des liens de plus en plus étroits entre les deux pays.Mais la Chine n'est pas la seule à s'intéresser au gaz australien. Depuis trois ans, le Japon, la Corée du Sud, Taiwan, la Chine et l'Inde font la queue pour alimenter en gaz australien leurs économies respectives, motivant les grands opérateurs occidentaux à s'intéresser de plus près aux champs off-shore enfermés dans la mer du Timor. « L'Australie s'est construite grâce aux investissements étrangers, et nous continuerons d'accepter tous les investissements qui nous permettront de valoriser nos ressources », a rappelé Martin Ferguson, le ministre fédéral de l'Énergie. Un eldorado gazier Cette course au gaz australien va à terme profondément changer la physionomie de la côte ouest du pays, où sont répertoriées près de 90 % des réserves identifiées. L'accord entre ExxonMobil Australia et la Chine succède à celui passé récemment entre la même filiale d'ExxonMobil mais cette fois avec l'indien Petronet, qui s'est engagé pour 15 milliards d'euros sur vingt ans. Et il suit l'arrivée annoncée en Australie de GDF Suez, qui a déboursé un peu plus de 260 millions d'euros pour mettre la main sur 60 % des trois champs gaziers offshore détenus par l'opérateur local Santos, dans le bassin Bonaparte au nord du pays. Une manne potentielle qui a rendu Colin Barnett, le Premier ministre d'Australie-Occidentale, optimiste, n'hésitant pas à qualifier l'État dont il a la charge « d'Arabie Saoudite du gaz naturel ». La comparaison peut sembler osée, l'Australie dans son ensemble ne disposant que de 1,5 % des réserves prouvées de gaz dans le monde avec 251 milliards de m3. « Mais elles sont situées à un endroit stratégique, puisque à proximité immédiate des principaux marchés d'Asie qui, pour réduire leurs émissions de CO2, ont fait de leur approvisionnement en gaz naturel une priorit頻, explique Gordon Ramsay, analyste chez UBS.Avant GDF Suez, Shell avait signé son retour dans la région en 2006, suivie l'année d'après par Total et Chevron, dont le vice-président John Watson assurait alors que le Nord-Ouest australien représentait « l'une des trois régions au monde les plus prometteuses en matière de gisements gaziers ». doubler la productionL'arrivée de tels acteurs, en soutien des compagnies australiennes comme BHP-Billiton, Woodside ou encore Santos, a depuis considérablement accéléré le rythme des découvertes et accru le montant des sommes investies. Une fois finalisés, les projets devraient permettre à l'Australie de doubler sa production pour devenir le troisième fournisseur mondial de gaz naturel liquide (GNL) d'ici à la fin de la prochaine décennie, avec 60 millions de tonnes exportées chaque année.

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