Vaclav Klaus, maître du jeu à Prague
La Tribune
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Vaclav Klaus, président très europhobe et « pro-russe » de la République tchèque, a toutes les raisons d'être satisfait du succès de la motion de censure adoptée mardi soir par le Parlement tchèque, qui a fait tomber le gouvernement de Mirek Topolanek. La motion, présentée par l'opposition sociale-démocrate et communiste, a recueilli quatre voix supplémentaires des députés de la majorité de centre-droit : deux députées Verts, hostiles au soutien de leur parti au projet de déploiement sur le sol tchèque d'un radar antimissile américain, et deux députés conservateurs, issus de cet ODS (parti civique démocrate), fondé par Klaus au début des années 1990. L'implosion de ces deux formations fait tout à fait le jeu d'un chef de l'État qui a ?uvré contre la ratification par le Parlement du traité européen de Lisbonne. règlement de comptesD'ici à la fin de la présidence tchèque, fin juin, les partis qui composent l'actuelle coalition vont clairement passer plus de temps à régler des comptes et à préparer les législatives anticipées à l'automne prochain, qu'a impulsé une direction à l'Europe. Vaclav Klaus va avoir son rôle à jouer, celui d'un président qui nommera le Premier ministre pour cette période de transition. Mirek Topolanek, chef du gouvernement sortant, hait le locataire du Château de Prague et vice versa. Même si les sociaux-démocrates ont promis de laisser l'équipe au pouvoir gouverner jusqu'à la fin de la présidence de l'UE, Vaclav Klaus pourrait chercher à nommer un gouvernement de techniciens. La plupart des analystes tchèques ne s'estiment pas surpris par la chute d'une équipe depuis le début très hétérogène, avec ses conservateurs plutôt eurosceptiques, ses chrétiens-démocrates à la fibre davantage sociale, et ses Verts pro-européens. Beaucoup va dépendre désormais du résultat des négociations entre ex-majorité et opposition sur le calendrier devant conduire à des législatives anticipées, sans doute à l'automne. Dans l'intervalle, Lisbonne a peu de chances d'être ratifié. Et le projet de radar américain, auquel les sociaux-démocrates sont hostiles, paraît définitivement enterré. Christine Dupré, à Prague
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