La France veut toujours croire en l'Union pour la Méditerranée

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Diplomatie« L'Union pour la Méditerranée est un combat. Nous le mènerons jusqu'au bout ! » : ainsi parlait Henri Guaino, conseiller spécial du président de la République et chef de la mission interministérielle de l'Union pour la Méditerranée, le 6 mai dernier. Pour le prouver, le gouvernement français, qui a porté le projet depuis ses débuts, en juillet 2008, a souligné hier, à l'occasion d'une réunion des ministres de la région, que 40 projets étaient déjà lancés ? dont une centrale photovoltaïque au Maroc, déjà achevée, plusieurs stations d'épuration, ainsi qu'une ligne ferroviaire entre Le Caire et Amman.Un succès d'estime qui n'occulte pas pour autant les difficultés de l'entreprise. Le grand dessein de la France de faire travailler ensemble tous les pays du pourtour de « mare nostrum » n'a cessé d'achopper. Les écueils, politiques, culturels, économiques, sont nombreux. Déjà, l'Union pour la Méditerranée, initiée à l'été 2008 par Nicolas Sarkozy dans le cadre de la présidence française de l'Union européenne, tentait de faire revivre un précédent projet, le processus de Barcelone, qui s'était enlisé. Mis sur pied par Jacques Chirac en 1995, il s'agissait de nouer différents partenariats, afin de développer la zone. De même, l'UPM vise à faire travailler ces pays, sur des dossiers bien spécifiques, tels que la conservation de l'eau et la dépollution, l'énergie solaire ou encore les transports. Les aspects pratiques et économiques étaient ainsi privilégiés, cela afin d'éviter les sujets qui fâchent, tels que l'immigration, la démocratie, sans parler du conflit israélo-palestinien. Las? Ces derniers dossiers, et en particulier le conflit israélo-palestinien, ont rapidement grippé la machine. Hier, Henri Gaino faisait cependant remarquer que Palestiniens et Israéliens étaient présents? rivalités Plusieurs pays voyaient d'un mauvais ?il ce qu'ils appelaient une « normalisation rampante » des relations avec Israël. Et l'offensive israélienne à Gaza, en décembre dernier, n'a rien arrangé? Mais ce n'est pas tout. Certains pays ? Algérie, Tunisie, Maroc ? affichent plus de rivalités que d'intérêts à travailler à un bien commun. La Libye, elle, souhaite l'appui de tous les pays arabes. Quant à la Turquie, elle a toujours vu avec scepticisme un projet qui comportait, selon elle, « un agenda cach頻, à savoir limiter les flux migratoires, et surtout, englober Ankara dans un processus de rapprochement avec la Méditerranée, afin de l'éloigner d'une adhésion à l'Union européenne. Et c'est sans doute parce que le projet veut faire trop, sans en dire trop, qu'il a du mal à décoller? Même les partenaires européens de la France se méfient. Les Allemands se sentent hors-jeu, tandis que d'autres capitales se demandent si la France ne voudrait pas privilégier, y compris avec des fonds européens, sa zone d'influence historique? L. J. B. et C. F.

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