Le G8 hésite entre fermeté et détente avec Téhéran

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diplomatieMalgré le rejet de son invitation, l'Iran est au c?ur des discussions des ministres des Affaires étrangères du G8, réunis depuis hier soir à Trieste. Les protestations contre les résultats de l'élection présidentielle iranienne du 12 juin et les projets de Téhéran dans le nucléaire devaient en effet éclipser l'agenda initial de la conférence, consacré à la « stabilisation » de l'Afghanistan et de son voisin pakistanais. Initialement, la présence iranienne à la même table que les États-Unis, une première depuis la révolution islamique de 1979, devait signifier leur volonté de dépasser leurs différents dans leur but commun de débarrasser l'Afghanistan, voire le Pakistan, des talibans.Trois jours avant le scrutin présidentiel iranien, le ministre italien des Affaires étrangères, Franco Frattini, qui préside la réunion de Trieste, avait bien résumé le pragmatisme des pays du G8 : « Nous ne pouvons attendre la solution du dossier nucléaire avant d'engager l'Iran sur d'autres thèmes cruciaux [?] les intérêts occidentaux et iraniens en Afghanistan sont potentiellement les mêmes : Téhéran a un intérêt objectif à un Afghanistan ?détalibanisé? et stable et à un gouvernement à Kaboul prêt et capable d'empêcher la drogue d'entrer en Iran, où la consommation de stupéfiants est devenu un problème national ».changement de tonFace à l'écho des manifestations en Iran, le ton a changé, et les pays du G8, sauf la Russie, sont soulagés de ne pas avoir à dialoguer directement à Trieste avec le ministre iranien des Affaires étrangères.« Nous adopterons une position particulièrement dure et claire devant le monde » sur ce qui se passe en Iran, a affirmé, peu avant l'ouverture de la réunion de Trieste, Franco Frattini. Au passage, il a critiqué la position ambiguë des États-Unis sur le dossier iranien. La communauté internationale, qui a donné « plusieurs signes de sa volonté de tendre la main, doit être ferme aujourd'hui dans sa condamnation », a-t-il insisté. « La main tendue des États-Unis, que nous avons soutenus, ne peut nous revenir ensanglantée », a-t-il déclaré. Mais les Européens ne sont pas non plus à l'abri des sous-entendus, certains prônant aussi l'apaisement envers Téhéran. « Il n'y pas d'alternative réaliste à des négociations avec l'Iran [?] le plus important actuellement est de faire tout ce qui peut contribuer à une détente », insiste le secrétaire d'État aux Affaires étrangères allemand, Gernot Erler. Le Quai d'Orsay souligne pour sa part que le dossier nucléaire et les protestations d'après-élection sont « deux aspects distincts de notre relation avec l'Iran ». Frank Paul Weber,envoyé spécial à Trieste

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