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Publié le 09 décembre 2008 à 09:08 - Mis à jour le 09 décembre 2008 à 09:08

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Le déploiement de navires et d'avions de guerre au large de côtes somaliennes permettra peut-être de réduire le nombre d'actes de piraterie mais certainement pas de s'attaquer aux racines du problème. La secrétaire d'État aux droits de l'homme, Rama Yade, a rappelé la semaine dernière la nécessité de comprendre les sources de la piraterie, estimant que « le banditisme se développe sur la misère ». Le problème n'est pas en mer mais sur terre, la Somalie étant l'exemple caricatural d'un pays en faillite en proie à la guerre civile depuis des décennies.pouvoir islamisteLe président somalien Abdullahi Yousouf Ahmed reconnaissait récemment que le gouvernement fédéral de transition ne contrôle que la capitale Mogadiscio et la ville de Baidoa. Malgré le soutien de l'armée éthiopienne au gouvernement somalien, les islamistes de l'Union des tribunaux islamistes contrôlent la quasi-totalité du pays. La guerre civile, l'absence d'État et de règle de droit, l'impunité et la pauvreté ont fait de la corne de l'Afrique une zone de non-droit qui a servi un temps de base arrière à l'organisation de Ben Laden.La piraterie dans le golfe d'Aden n'est pas un phénomène nouveau. Elle a commencé au début des années 90 en raison de l'épuisement des réserves halieutiques provoquées par la surpêche au large des côtes somaliennes. Celle-ci n'est pas le fait des pêcheurs somaliens mais de navires coréens, japonais et parfois même européens. L'industrie florissante de la piraterie n'a pas de mal à recruter parmi la main-d'?uvre côtière privée de ressources. D'autant que les rançons obtenues ne cessent de grimper.le puntland, pirateland Le mode opératoire est toujours plus ou moins le même. Les pirates utilisent un « bateau mère » à partir duquel ils lancent leurs hors-bord. Une fois le navire repéré, les hommes, le plus souvent armés de simples kalachnikovs et quelques lance-roquettes, s'arriment à ses flancs avant de grimper à bord. Le personnel du navire est ensuite fait prisonnier. La négociation de la rançon avec l'armateur peut débuter. La cargaison des navires arraisonnés n'intéresse pas les pirates. L'arraisonnement du « Sirius Star », un supertanker saoudien, a fait grimper d'un cran supplémentaire le « chiffre d'affaires » d'une opération de piraterie, puisque la rançon exigée est cette fois de 25 millions de dollars.Il existe toutefois, explique Roland Marchal, spécialiste de la corne de l'Afrique au Centre d'études et de recherches internationales (Ceri), une certaine division du travail entre les combattants, les anciens pêcheurs qui disposent d'une expertise technique de la mer et des investisseurs, sans doute somaliens, qui financent l'acquisition des armes et des bateaux. Cette activité délinquante répond en outre à certaines règles?: un navire contrôlé par une bande de pirates ne peut plus l'être par une autre bande une fois la rançon versée.Le territoire de Puntland, au nord de la Somalie, est la principale base arrière des pirates. Ils ne sont donc pas ou peu au contact des islamistes qui combattent le gouvernement somalien. Les rançons sont utilisées pour faire vivre les familles. Des témoins rapportent que de gigantesques villas sortent de terre dans des villages miséreux. Xavier Harel

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