Le Trésor américain donne six mois aux banques pour renforcer leurs fonds propres

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Le gouvernement américain se défend de fomenter toute nationalisation, mais il se prépare toutefois à renforcer sa présence dans le secteur bancaire. À défaut de dévoiler un mécanisme pour délester les banques de leurs créances toxiques, le Trésor a décidé de les contraindre à passer une série d'examens visant à évaluer leur capacité à surmonter une dégradation plus brutale encore de la conjoncture. S'il s'avère, à l'issue de ces « stress tests » devant s'achever à la fin avril, qu'elles sont vulnérables, ces banques disposeront de six mois pour lever de nouveaux capitaux auprès d'investisseurs privés. Faute d'y parvenir, elles devront accepter l'entrée ou le renforcement de l'État dans leur capital.Ces examens en cours sont obligatoires pour les dix-neuf plus grandes banques américaines ? celles dont les actifs sont supérieurs à 100 milliards de dollars ? mais les établissements de plus petite taille peuvent y participer. Devant la Chambre des représentants, le président de la Réserve fédérale, Ben Bernanke, a expliqué que l'objectif du gouvernement et des régulateurs chargés de conduire ces tests (Fed, FDIC, OFTC entre autres) était de déterminer par anticipation « combien de capitaux les banques doivent lever, si elles en ont besoin ». Le scénario du pire retenu dans les « stress tests » en cours au sein des banques prévoit une chute du produit intérieur brut de la première économie mondiale de 3,3 % en 2009 et un bond du taux de chômage à 10,3 % l'année suivante, dans un contexte demeurant délétère pour le marché de l'immobilier.dividende de 9 %Les tests réalisés dans le cadre de ce nouveau plan d'assistance en capital (CAP) doivent permettre de comparer « le champ des futures pertes possibles et les ressources pour les absorber sur une période de deux ans », a précisé la Fed. « Le capital fourni dans le cadre du plan sera sous la forme d'actions préférentielles convertibles en actions ordinaires », qui « s'accompagneront d'un dividende de 9 % et seraient convertibles à la demande du groupe », a indiqué de son côté le Trésor. Mais au bout de sept ans, ces actions préférentielles seront « automatiquement converties en actions ordinaires », a prévenu le ministère.« Compte tenu de sa contribution à l'économie », des représentants du Trésor ont officieusement indiqué que le gouvernement fédéral avait l'intention d'apporter « tout le capital nécessaire au secteur bancaire ». Toutefois, en présentant hier le budget 2010, la Maison-Blanche a indiqué qu'elle pourrait être contrainte de demander au Congrès une rallonge de 250 milliards de dollars pour stabiliser le système financier, alors que près de la moitié du plan de soutien à la finance (Tarp), initialement doté de 700 milliards de dollars, a été dépensée par le gouvernement précédent.Depuis le lancement du Tarp à l'automne dernier, le gouvernement américain a injecté 196 milliards de dollars dans plus de 400 institutions financières.Les banques soutenues dans le cadre du CAP pourront rembourser ou substituer les capitaux levés auprès du gouvernement par des capitaux privés « quand les conditions le permettront ». Elles seront en revanche soumises à des restrictions concernant la rémunération de leurs dirigeants, le versement de dividendes, les programmes de rachat d'actions et les acquisitions réalisées en numéraire. De plus, ces banques devront régulièrement démontrer qu'elles emploient les fonds acceptés pour augmenter leur capacité à prêter aux particuliers et aux entreprises.Éric Chalmet, à New York

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