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La difficile percée de la gestion ISR dans les produits de taux

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Publié le 12 mai 2009 à 23:43 - Mis à jour le 12 mai 2009 à 23:43

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Le développement de l'investissement socialement responsable (ISR) dans la gestion de taux reste très contrasté. Avec des encours en hausse de 475 % en 2008 à 6,3 milliards d'euros, il effectue une belle percée dans le monétaire (d'après Novethic). En revanche, il cède du terrain dans l'obligataire, domaine dans lequel les fonds ISR voient le montant de leurs actifs sous gestion baisser de 21,5 % et se réduire ainsi à 2,8 milliards d'euros. Cette évolution cache cependant une réalité commune : la faible pénétration de l'ISR dans la gestion de taux. Même en forte hausse, le monétaire ISR ne représente encore que 1,3 % des placements monétaires globaux (voir tableau). De même, seul 1,4 % des investissements obligataires sont réalisés dans des produits ISR.Cela s'explique sans doute par les réticences que suscite toujours la gestion de taux ISR. Par exemple, HSBC Global Asset Management s'interroge actuellement sur la pertinence de proposer une offre monétaire ISR et l'éventualité de créer un fonds. Et la réflexion de la société de gestion semble légitime puisqu'il s'agit de mêler une démarche ISR, s'appliquant par définition sur le long terme, à de la gestion monétaire dont l'horizon de placement est très limité, généralement inférieur à six mois. « Nous avons créé un fonds monétaire ISR pour répondre à une demande grandissante émanant d'investisseurs institutionnels des secteurs mutualistes, coopératifs et associatifs, explique de son côté Alain Richier, directeur de la gestion monétaire chez Natixis Asset Management. Dans le cadre de notre gestion interne, ce fonds nous permet également de gérer les liquidités en attente des produits ISR, notamment obligataires et actions. Nous leur offrons ainsi un placement de trésorerie obéissant aux mêmes contraintes d'investissement. » Mais il existe une raison plus profonde à la création d'un tel fonds. « Il permet surtout d'orienter les liquidités dont il dispose au profit des sociétés les mieux notées sur le plan du « développement durable ». Ces sociétés bénéficient ainsi de sources de financement court terme dans l'attente des meilleures conditions de marché afin de « lever » des sources de financement long terme », ajoute Alain Richier. plus de sécuritéLes sociétés de gestion qui commercialisent ces fonds insistent en outre sur le rôle premier de la gestion monétaire, qui est la préservation du capital. Or, la démarche de l'ISR vise à assurer le développement le plus durable de l'entreprise. Par conséquent, mêler l'ISR au monétaire permettrait de renforcer la sécurité?Des arguments qui ne font toutefois pas l'unanimité chez les investisseurs. Ces derniers émettent aussi des réserves à l'égard de l'obligataire souverain ISR. Dans ce cas, c'est la légitimité des sociétés de gestion et des agences spécialisées à noter des États sur des critères ESG (environnementaux, sociaux et de gouvernance) qui est en cause et, à travers elle, la dimension politique donnée à l'investissement. Par exemple, tous ne sont pas prêts à se passer des emprunts d'État américains dans une logique d'exclusion des pays pratiquant la peine de mort? « Nous avons des mandats de gestion sur des fonds obligataires souverains purs. Cependant, la demande en fonds ouverts sur ce type de produits ne s'est pas encore manifestée », indique Nathalie Pistre, directeur adjoint de la gestion obligataire chez Natixis AM. Les investisseurs ont tendance à privilégier l'obligataire corporate ou l'obligataire mixte, c'est-à-dire associant une part réduite d'obligataire souverain, tout en se limitant à la zone euro. « Les États de cette zone peuvent être valablement comparés entre eux car ils ont un niveau de développement proche », précise Xavier Desmadryl, responsable monde de la recherche ISR chez HSBC Global AM. L'offre couvre encore peu les autres régions du monde, et ce n'est pas qu'en raison de la faible demande. « Nous manquons d'informations extra-financières sur un trop grand nombre de pays émergents. Pourtant, il serait passionnant et pertinent de comparer, par exemple, la Chine, la Corée du Sud et le Brésil », affirme Xavier Desmadryl. Les agences de notation sont ainsi pointées du doigt. Elles se défendent en rappelant leur manque de moyens et la difficulté de collecter des informations fiables dans certaines zones. « Il est cependant surprenant de constater que des pays comme la Hongrie, la Pologne ou encore la République tchèque ne sont toujours pas couverts par les principales agences », poursuit Xavier Desmadryl. L'obligataire souverain ISR n'est pas le seul à souffrir de ce manque de diversification. L'ISR appliqué aux actions et aux obligations corporate est de fait également affecté.

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