Les banques restent engluées au coeur de la crise

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Les banques subissent un effet second tour de la crise. Pendant un an, elles ont été à l?origine des turbulences financières et ont subi les affres des marchés. Il y a deux semaines, les plans de sauvetage des pays de la zone Euro à l?unisson d?un coté et des Etats-Unis de l?autre avaient dissipé les craintes d?un risque systémique. De part et d?autres de l?atlantique les acteurs majeurs du secteur bancaires comme leurs clients savent qu?ils connaitront pas le sort de la banque Lehman Brothers ; en tout état de cause l?intervention des états doit leur éviter la faillite. Malgré cette assurance tout risque, elles restent au coeur de la crise. Pis elles sont à nouveau en proie à une grande agitation boursière et font toujours l?objet de rumeurs... les plus folles. Ainsi vendredi, ont-elles, pour la plupart, vu en Europe comme aux Etats-Unis leurs cours de Bourse s?effondrer littéralement sur la majeur partie de la séance avant de limiter la casse en clôture. Société Générale a au bout du compte perdu 7,6%, Natixis 11,46%, Royal Bank of Scotland, bien que nationalisé a dégringolé de près de 10%. Sa consoeur Barclays, qui a refusé l?aide publique, a dévissé de 12%, tout comme Morgan Stanley avec une chute de 8,63%. Désormais, c?est le spectre de la récession économique qui fait redouter que de sérieuses difficultés sur leurs activités de banques de détail en générale et de prêteurs en particulier viennent s?ajouter à celles inombrables comptabilisées sur les activités de banques de financement et d?investissement. Les marchés s?attendent à la montée en flèche des «défauts» parmi leurs clients avec une répercussion immédiate sur les provisions pour créances douteuses des banques.A ce titre les craintes sont encore plus vives pour les établissements exposés de surcroit au ralentissement économique des pays émergents. «Les banques comme Société Générale qui ont investi dans les pays d?Europe de l?Est souffrent» souligne le responsable d?une salle de marché. La banque française n?est pas la seule. L?italienne UniCredit, première banque exposée sur cette région, a encore plongé de 8,19% à 1,86 euro à la veille du week-end. La belge KBC, dont le modèle est axé sur les pays de l?Est, n?exclut pas de recourir à l?aide de l?Etat. L?infortune qui menace les pays émergents d?Amérique latine risquent de produire les mêmes effts sur des acteurs comme l?espagnol Santander. Jusqu?ici exemplaire dans sa traversée de la crise, ce dernier a vu son cours décroché brutalement de 10%. Les investisseurs craignent également que la volatilité et la chute des marchés des dernières semaines conduise à d?importantes pertes sur les marchés comme chez Credit Suisse ou, plus proche de nous, aux Caisses d?Epargne. Compte tenu de «l?environnement de ces dernières semaines, il est évident que d?autres banques vont annoncer des pertes de trading» affirme notre patron de salle des marchés. Même si depuis la faillité de Lehman Brothers, les dégats collatéraux sur l?industrie financière toute entière ont été d?une rare violence et d?une rapidité sans précédent. La deuxième lame de fond qui se profile pourrait être plus étalée dans le temps mais tout aussi intense. Matthieu Pechberty

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