Le musée d'Orsay dévoile ses pastels au grand jour
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Des grandes expositions qui se montent chaque année, on entend parfois dire qu'elles sont remarquables, exceptionnelles, des événements à ne pas manquer. Cela a rarement été aussi vrai qu'avec « Le mystère et l'éclat » présenté au Musée d'Orsay. Depuis qu'il existe, jamais l'établissement n'avait donné à voir sa collection de pastels ? pourtant l'une des plus importantes au monde. Et pour cause, le pastel est d'une extrême fragilité.Cruel paradoxe, c'est sous la lumière du soleil qu'il peut véritablement resplendir, que la matière prend tout son relief, mais ce sont ces mêmes rayons qui l'altèrent inévitablement. Pigments en poudre mélangés à un liant qui leur permet de se fixer sur le papier, un coup de vent suffit à les faire s'envoler. Ce n'est donc pas de sitôt que l'occasion nous sera redonnée d'admirer ces trésors restés jusque-là cachés.Pour marquer l'événement, Orsay a sorti le grand jeu et présente plus d'une centaine d'?uvres tirées d'un fonds qui en compte près de 350, toutes réalisées entre 1850 et 1914. Inutile de préciser que cette sélection compte nombre de chefs-d'?uvre. À commencer par la trentaine de toiles signées Degas, maître incontesté du genre. On se pâme sans réserve devant ses étourdissantes danseuses aux tutus éclatants.Le pastel apparaît en France au XVe siècle. Au début, il n'est utilisé que par petites touches, afin de rehausser les couleurs de certains portraits. Mais on découvre ensuite les qualités de ces « crayons pour peindre », comme les nomme l'écrivain Antoine Furetière. Leur popularité ne cesse alors de croître jusqu'à atteindre leur heure de gloire au XVIIIe siècle entre les mains agiles de Chardin et Quentin de La Tour.Passés de mode durant la période néoclassique, il faudra attendre la seconde moitié du XIXe siècle pour les voir réapparaître. Et là, quel éclat?! Degas donc, mais aussi Millet, Manet ? dont l'éblouissant « Portrait d'Irma Brunner » capte de très loin notre regard ?, Monet ou encore Renoir se laissent enchanter par les multiples possibilités de cette technique redécouverte. Ils sont tous réunis dans l'exposition.une technique difficileÀ leurs côtés, une large place est accordée à Odilon Redon, peintre des troubles de l'âme. Après s'être concentré pendant plus de dix ans sur ce que l'on appelle désormais ses « noirs » ? des dessins au fusain particulièrement sombres ?, l'artiste retrouve avec le pastel, à partir des années 1890, le goût pour les couleurs. Il les fait éclater comme aucun de ses prédécesseurs. Ses rouges saturés, qui entourent les êtres telle une irradiation mystique, sont particulièrement troublants.Devant tant de beauté, on serait tenté de croire que le pastel peut rendre fabuleuse n'importe quelle toile. Ce n'est évidemment pas le cas. On s'en rend bien compte avec la série consacrée à Lévy-Dhurmer dont les portraits symbolistes paraissent bien ampoulés lorsqu'ils ne frôlent pas le ridicule. Ils rappellent que si le pastel est délicat, son utilisation l'est plus encore. n « Le mystère et l'éclat », jusqu'au 1er février au Musée d'Orsay. ? Renseignements?: 01.40.49.48.14, www.musee-orsay.fr. Catalogue?: éditions Musée d'Orsay-RMN, 39 ?.
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