La négociation sur les retraites complémentaires débute sous pression
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La négociation sur les retraites complémentaires promettait déjà d'être épineuse, tant les partenaires sociaux divergeaient sur les solutions à apporter pour maintenir à flot les régimes de l'Arrco (ensemble des salariés) et de l'Agirc (cadres). Mardi, lors de la première séance de discussion, patronat et syndicats ont eu la mauvaise surprise de découvrir que la crise actuelle avait précipité les régimes dans les déficits. Selon les dernières projections, l'Agirc serait dans le rouge dès cette année (? 720 millions d'euros), et l'Arrco, encore équilibrée en 2009, basculerait en 2010 (? 620 millions). Les deux régimes afficheraient globalement un solde de ? 13,9 milliards d'euros en 2030. Leurs réserves leur permettent de tenir jusqu'en 2019.Comment ces chiffres vont-ils impacter la négociation ? Cette aggravation « engage d'autant plus notre responsabilité de gestionnaires », affirme-t-on au Medef. « La solution n'est pas de puiser dans les réserves, des décisions doivent être prises », indique la CFTC. À la CFDT, Jean-Louis Malys se veut « très prudent à l'égard de ces hypothèses, car personne n'étant capable de mesurer l'ampleur de la crise ». Le fond de la négociation reste cependant identique : pour trouver les ressources nécessaires aux retraites complémentaires, qui représentent en moyenne 66 % de la pension d'un cadre et 33 % d'un non-cadre, les partenaires sociaux peuvent jouer sur 3 paramètres : l'âge de départ, les rendements (le niveau des pensions) et les cotisations. Hier, Jean-René Buisson (Medef) a de nouveau plaidé pour un recul de l'âge de la retraite « car il a un impact financier très fort en particulier à court terme », tout en rassurant les salariés très proches de la fin d'activité. « Notre objectif n'est pas d'aller vers un scénario de rupture, mais de prendre date pour les prochaines années. »hausse des cotisationsLa CFDT, FO et la CGT s'y opposent catégoriquement et exigent le maintien du droit au départ en retraite à 60 ans. Ils refusent que le Medef obtienne via les complémentaires, ce qu'il n'a pas obtenu du gouvernement l'an dernier sur la retraite de base, et demandent une hausse des cotisations. Pour la CGC, la priorité est désormais la revalorisation des pensions. « Si nous obtenons non pas la stabilisation mais l'augmentation du rendement à long terme, ainsi qu'une hausse des cotisations, nous sommes prêts à négocier l'âge de départ ou la durée de cotisation », annonce Danièle Karniewicz, présidente de la Cnav. Les partenaires se retrouveront le 9 février. Véronique Chocro
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