La Turquie, pomme de discorde européenne

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La France, décidément, a bien du mal à s'entendre avec ses successeurs à la présidence de l'Union européenne. On se souvient des polémiques qui avaient entouré au début de l'année le démarrage de la présidence tchèque, Prague reprochant à Paris de s'accrocher à l'exercice du pouvoir européen, incarné pendant le second semestre 2008 par Nicolas Sarkozy. Or ce dernier vient de signifier son courroux aux autorités suédoises, qui prendront les manettes de l'Union à partir du 1er juillet, en annulant une visite prévue de longue date la semaine prochaine à Stockholm. Officiellement, la visite a été reportée pour des raisons d'agenda. En réalité, le président français a explosé de colère en découvrant l'interview du ministre des Affaires étrangères Carl Bildt dans « Le Figaro », qui prenant fait et cause pour l'adhésion de la Turquie à l'Europe.Supportant mal ce qu'il perçoit comme une intrusion du gouvernement suédois dans la campagne électorale française, le diplomate suédois prenant fait et cause pour une adhésion de la Turquie à l'Union, le président français a même songé un temps à exprimer son mécontentement dans plusieurs négociations européennes en cours. Un énervement que l'on justifie à Paris, en rappelant que, « en décembre 2007, la France, la République tchèque et la Suède, les trois pays appelés à se succéder à la présidence de l'Union européenne, s'étaient entendus sur un programme, adopté ensuite par les 27 États membres, qui stipulait que le processus de négociation avec la Turquie devait rester ouvert et que son issue n'était pas garantie ».soutien allemandCette brouille entre Paris et Stockholm ne fait que confirmer l'importance de la question turque dans une campagne électorale bien morne. C'est d'ailleurs Nicolas Sarkozy qui a été le premier à l'introduire, en répétant que la Turquie n'avait pas « vocation » à rejoindre l'Union. Outre-Rhin, il peut compter sur le soutien d'Angela Merkel : cette alliance entre Paris et Berlin exaspère au plus au point les autorités d'Ankara ? le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, ayant jugé les propos du couple franco-allemand « regrettables » ? mais aussi les nombreux pays favorables à l'adhésion de la Turquie dans l'Union, à l'instar de la Suède. La Turquie, qui représente 4,4 % du PIB des 27 mais, avec ses 72 millions d'habitants, 15 % de la population de l'Union, est en passe de devenir la nouvelle pomme de discorde européenne.

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