Violences  :  Sarkozy veut « sanctuariser l'école »

éducationL'agression d'une enseignante le 15 mai par un collégien a peu à voir avec les 17 morts de Winnenden en Allemagne en mars dernier. Nicolas Sarkozy a pourtant cité cet exemple pour étayer les mesures annoncées hier lors d'un discours musclé sur la sécurité. Hormis les sanctions financières des parents, le chef de l'État a repris la quasi-totalité des propositions du ministre de l'Éducation nationale, Xavier Darcos, pour lutter contre la « banalisation de l'usage des armes au collège et au lycée ». « Nous devons sanctuariser les établissements scolaires », a ainsi martelé Nicolas Sarkozy.« 184 établissements parmi les plus sensibles » feront l'objet, après diagnostic, de mesures spécifiques (portiques, vidéosurveillance, etc.). Les personnels de direction et d'encadrement seront habilités à fouiller sacs et cartables, ce que prévoira une loi. équipes mobilesPar ailleurs, les établissements pourront bénéficier de l'aide d'équipes mobiles (une auprès de chaque rectorat), de policiers référents et de réservistes volontaires de la police nationale. Côté répression, elle se durcit ; l'intrusion dans un établissement scolaire n'étant plus considérée comme une infraction mais un délit.Autant dire que ces mesures, qualifiées de « gesticulation médiatique » en cette veille d'élections, n'emportent pas l'adhésion des syndicats. Ils les jugent difficiles à mettre en ?uvre. « Nous ne voulons pas avoir ce droit de fouiller les élèves. Il faut laisser à la police ses prérogatives et travailler sur la prévention avec les associations et la protection judiciaire de la jeunesse », plaide Catherine Manciaux, la secrétaire générale du Snupden-FSU (chefs d'établissement). Pour Thierry Cadart, le secrétaire général du SGEN-CFDT, le sujet de la sécurité nécessite des réponses de long terme (formation des personnels, amélioration de la vie scolaire, etc.) et non des annonces « spectaculaires ». D'autant plus que finalement, souligne Laurent Escure, secrétaire national du SE-Unsa, de telles dispositions « montent en épingle des actes isolés ». Selon le ministère, entre septembre 2008 et mars 2009, il y a eu en moyenne 35 « signalements en relation avec des armes (intrusions, détentions, usage) » contre 45 sur la même période un an plus tôt. Clarisse Jay

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