Bulle de Linge tricote son maillage national
La Tribune
La Tribune
HAUTE-normandie/hygiène-santéIl fallait un nouveau défi à la famille Labrunye, spécialiste de la blanchisserie depuis six générations. En 1999, elle avait vendu son activité de location de linge ; en 2003, elle avait cédé sa branche pressing, franchisée sous l'enseigne 5àSec ? la plus grande franchise du secteur en France ? au fonds d'investissement qui avait racheté la marque. En 2007, à l'occasion d'un LBO, elle sortait du capital de 5àSec et se trouvait disponible pour une nouvelle aventure. Ce sera Bulle de Linge. Installée à Bois-Guillaume près de Rouen (Seine-Maritime), cette société, qui emploie déjà près d'une centaine de salariés, entretient le linge personnel des personnes dépendantes, en particulier les personnes âgées vivant en maison de retraite.n comme « une épicerie »Bulle de Linge a passé des contrats avec quelque 110 maisons de retraite publiques et privées et est déjà référencée auprès des grands groupes du secteur que sont Korian, Domus Vi et Dolcea. Thomas Labrunye, le PDG de la PME, compare son activité à une « épicerie » car « chaque vêtement est différent ». Il est convaincu d'être sur un « créneau très spécifique qui n'intéresse pas les gros acteurs ». Il faut disposer d'un savoir-faire pour le respect des normes d'hygiène du secteur médico-social (séparation linge sale-linge propre dans les espaces de production). Il faut aussi restituer les vêtements à de très nombreux « porteurs » individuels, ce qui implique une traçabilité du process et l'identification ? par code-barres ? de chaque vêtement.Thomas Labrunye et son père, Fancis, qui détiennent la majorité du capital aux côtés du management, viennent de faire entrer le fonds d'investissement BNP Paribas Développement pour « accélérer le développement de l'entreprise ». Leur « business plan » est très ambitieux. De 1,2 million d'euros en 2008, le chiffre d'affaires doit bondir à 3,7 millions d'euros en 2009 pour atteindre? 21 millions d'euros fin 2012 quand Bulle de Linge aura réalisé son « maillage national ». Celui-ci a commencé par l'« usine pilote » de Bourg-Achard dans l'Eure (65 maisons de retraite clientes) en juillet 2007 et s'est poursuivi avec les unités de Bordeaux, Brignoles (Var) et Crépy-en-Valois (Oise). En octobre-novembre 2009 ouvriront les « usines » de Montargis (Loiret) et de Saint-Vulbas (Ain), puis, en 2010, celles de Rennes et de Toulouse. Chaque unité est calibrée pour répondre aux besoins de 80 maisons de retraite (soit environ 5.000 résidents), confie Thomas Labrunye. Les recrutements devraient suivre. « Nous devrions être 500 à 600 personnes dans cinq ans. » Claire Garnier, à Roue
La Tribune