Les dessous du conflit « Plus belle la vie »
La Tribune
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Alors que France 3 diffuse ce soir le 1.291e épisode de son feuilleton quotidien « Plus belle la vie », France Télévisions et le producteur Telfrance poursuivent une négociation tendue.La presse s'est fait l'écho d'un intérêt de M6 pour la série, si France Télévisions refusait l'augmentation exigée par Telfrance pour les trois nouvelles saisons à partir de septembre 2010. Telfrance demanderait entre 35 millions et 40 millions d'euros pour 260 épisodes de 25 minutes, plus des soirées de prime time, au lieu de quelque 24 millions cette saison. Depuis le premier épisode en septembre 2004, le budget progressait de 2 % par an environ. Pourtant chez M6, on affirme n'avoir eu « aucun contact avec Telfrance et donc ne pas s'être posé la question ». Quant à TF1, son PDG, Nonce Paolini, a fermement rejeté l'idée de s'emparer d'un programme phare inventé à l'initiative d'une autre chaîne. La rumeur dit même que c'est TF1, au c?ur de l'été, qui a alerté France Télévisions de la man?uvre, poussant le groupe public à ouvrir sans attendre la discussion sur le renouvellement du contrat. C'est que « Plus belle la vie », après des débuts poussifs, est devenue un pilier pour France 3. La série réunit chaque soir à 20?h?10 plus de 5,5 millions de téléspectateurs, soit 22,5 % de part d'audience (quand la moyenne de la chaîne est à moins de 13 %).risque juridiqueTelfrance, qui se refuse à tout commentaire, a-t-il tenté un coup de bluff ? Peut-être. Mais France 3 a un droit de premier refus. Pour M6 et TF1, admettre publiquement des contacts avec Telfrance, avant que le contrat ait été reproposé à France 3, pourrait présenter un risque juridique. Si discussions il y a eu, la rentabilité pour Telfrance du contrat actuel avec France Télévisions a dû inciter les autres à une surenchère modérée. Telfrance Série, filiale qui produit le feuilleton, a dégagé en 2008 un résultat net de 2,88 millions d'euros. Soit 35 % du total du résultat du groupe Telfrance. Et une marge nette de près de 14 %, très supérieure au standard d'un secteur « où la rentabilité est faible », comme l'admettait, début 2009, Fabrice Larue, ayant acquis mi-2008 Telfrance, via FLCP (dont il détient 35 % aux côtés des Caisses d'Épargne à 65 %). Il est vrai que « Plus belle la vie » est un cas unique en France : produite à un rythme industriel, ses développements initiaux sont largement amortis du fait de sa longévité, et tous les produits dérivés tirés de sa marque génèrent des recettes additionnelles.Les autres producteurs observent, partagés entre la satisfaction de voir l'un des leurs tenir la dragée haute à un diffuseur, dans un contexte où les chaînes exigent des productions moins chères, et l'inquiétude qu'une augmentation arrachée par Telfrance se fasse au détriment d'autres. Les dépenses de France Télévisions sont limitées à l'enveloppe fixée pour ses obligations en faveur de la production, France Télévisions a annoncé l'arrêt de la série « P.J. » (France 2), que produisait Telfrance. La société, qui réalise au moins un tiers de son chiffre d'affaires total (de l'ordre de 90 millions d'euros) avec le groupe public, aurait cherché à obtenir un volume d'affaires garanti. Hors de question tant pour France Télévisions que pour les producteurs concurrents.
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