La gestion indicielle obligataire séduit de plus en plus
La Tribune
La Tribune
gestion passiveLes obligations ont la cote. Et plus encore la réplication d'indices obligataires. Que ce soit les ETF (« exchange traded funds », fonds indiciels cotés) ou les fonds indiciels d'obligations, les sociétés de gestion sont de plus en plus nombreuses à s'intéresser à cette classe d'actifs. Pour les fonds indiciels, le but est de répliquer la performance d'un indice obligataire de référence, sans pour autant investir dans l'ensemble de l'indice. À l'inverse, l'objectif des ETF est de répliquer l'indice de référence dans sa totalité. Deux approches qui séduisent de plus en plus les investisseurs dans l'environnement actuel.une affaire délicateAinsi, chez Vanguard qui propose une large gamme de fonds indiciels, « nous savons qu'il est plus difficile de construire une exposition aux obligations en direct que pour les actions, notamment sur les obligations d'entreprises. C'est pourquoi investir dans un fonds indiciel obligataire permet une meilleure diversification des risques », explique Gregory Davis, responsable de la gestion indicielle obligataire. En effet, à l'origine, la réplication d'indice repose sur une pondération des actifs identique à celle qui compose l'indice de référence. Mais dans la pratique, la gestion indicielle effectue une véritable sélection à l'intérieur de l'indice de référence, ce qui permet une meilleure diversification. Pour Gregory Davis, « nous cherchons à proposer des produits diversifiés en termes de maturité, de duration, de secteur ou encore de pays. Pour mettre cela en ?uvre, nous recherchons les meilleures obligations au sein d'un indice, tout en cherchant à reproduire la performance et tous les facteurs de risque de cet indice ».Mais construire une réplication d'indice reste une affaire délicate en raison de la valorisation des obligations sous-jacentes. Celle-ci est beaucoup moins transparente que celle des actions cotées. « La gestion du risque et la sélection des obligations sur lesquelles nous investissons permettent une meilleure reproduction par optimisation, mais cet exercice est loin d'être simple », souligne le spécialiste. Pourtant, malgré la difficulté de construction de ces portefeuilles, ces produits sont de plus en plus nombreux sur le marché. On en recense plus de 300 investis sur la zone euro.Les grands acteurs de la gestion d'actifs se penchent sur ce type de produits, notamment sur les fonds indiciels cotés. Que ce soit les leaders du marché, comme iShares (BlackRock) ou Lyxor (Société Généralecute; Générale) ou même EsayETF (BNP Paribas), ces sociétés sont de plus en plus nombreuses à proposer une gamme d'ETF obligataires. Les chiffres le montrent : le marché européen des ETF obligataires représentait quasiment 32 milliards d'euros en juin 2009 contre 14 milliards d'euros à la fin de 2007, soit une progression de 128 %. Une explosion qui devrait se poursuivre au cours des prochaines années. En effet, l'offre jusqu'ici se concentrait principalement sur des obligations d'État. Mais de plus en plus de sociétés de gestion proposent des produits indiciels d'obligations d'entreprises. Vanguard ou encore Lyxor ont ainsi développé ces produits à destination des investisseurs. Ces derniers sont d'ailleurs friands aujourd'hui de ce type de véhicules d'investissement car la gestion indicielle correspond à leurs attentes : de la performance sans trop de risques. Une équation que la gestion passive cherche à résoudre au mieux.Margot Fienile ces produits sont de plus en plus nombreux sur le marché.
La Tribune