« L'indispensable soutien local »

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La majorité des villes candidates au projet de stockage de déchets nucléaires à faible activité et à vie longue (FA-VL) se situent majoritairement dans l'est de la France. Faut-il en déduire que le lobbying de l'Andra y a été plus efficace??C'est effectivement dans le quart nord-est de la France que nous avons eu le plus de contacts. Nous avons envoyé un appel à candidature à 3.115 communes dans 20 départements, sélectionnées d'après les caractéristiques de leurs couches géologiques. Nous constatons que nous faisons moins peur quand on nous connaît. Or, nous sommes présents depuis la fin des années 80, dans l'Aube, où nous avons deux centres et, depuis la fin des années 90, à la frontière entre la Meuse et la Haute-Marne, à Bure. Ce projet repose sur le volontariat. En 2010, les deux ou trois communes présélectionnées devront l'approuver ou le rejeter. Nous avons deux ans pour construire un projet partagé, un projet de territoire. Nous n'arrivons pas avec un chèque mais nous devons être attractifs. Outre le site de stockage, nous proposons des projets de développement complémentaires avec EDF, Areva et le CEA. Il est vrai que certaines des municipalités intéressées en ont besoin pour développer, voire même pour sauver leurs communes. Quels sont vos critères de sélection??Que ce soit pour un stockage de déchets à haute ou faible activité, outre les facteurs géologiques, nous recherchons un bon soutien local. C'est indispensable. Même lorsque notre dossier est excellent, si la population ne veut pas de nous, cela ne marchera pas. Nous n'allons pas exploiter un site de stockage entouré de cars de CRS. Localement, les habitants doivent être convaincus à la fois de rendre service à la nation et d'en tirer un bénéfice pour leur territoire. La nomination du député Christian Bataille, auteur de la loi-cadre sur les déchets nucléaires à la tête de l'organe de discussion local, le Comité local d'information et de suivi, à Bure, n'est-elle pas une provocation??De 1991 à 1996, le Clis, présidé par le préfet, faisait plutôt figure de tribune où personne ne s'écoutait. Faute de consensus sur un élu local, les présidents des deux conseils régionaux ont fait appel à Christian Bataille pour ses talents d'homme de concertation. En 1991, après le moratoire décidé par Michel Rocard deux ans plus tôt, il avait réussi à réunir un consensus. Laissons-le faire ses preuves. Le Clis est là pour nous évaluer, lancer des expertises et informer le public des résultats. Estimez-vous que le pouvoir politique français prend ses responsabilités en la matière??Le soutien politique national est la troisième brique indispensable, après le dossier scientifique et l'acceptation locale, pour implanter un site de stockage. En France, le Parlement s'implique très fortement. Dans la loi de 2006, il a imposé au gouvernement de revoir en 2016 cette question par un vote sur la réversibilité des stockages. Propos recueillis par M.-C. L.

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