Bombardier est prêt à jouer dans la cour des grands

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Pour les compagnies aériennes qui poussent Airbus et Boeing à accélérer le renouvellement de leur familles d'avions moyen-courriers de 110 à 220 sièges (l'Airbus A320 et le Boeing 737), l'offensive du canadien Bombardier pourrait faire bouger les lignes. Même s'il ne s'attaque qu'au bas de la gamme des deux géants. Le constructeur aéronautique et ferroviaire a lancé dimanche la phase industrielle du C-Series, une famille d'avions d'une capacité de 110 à 130 sièges, dont la mise en service est programmée en 2013. Le modèle comportant 130 sièges pourrait même être poussé à 149 sièges.Concentré jusqu'ici sur les avions d'affaires et régionaux de moins de 110 sièges, Bombardier vient jouer dans la cour des grands, comme l'a fait le brésilien Embraer dès 2004 et comme ont l'intention de le faire à l'avenir le russe Sukhoi et le chinois Avic, voire le japonais Mitsubishi. Le canadien, qui planche sur ce dossier depuis une dizaine d'années, avait refermé le dossier en 2006, faute de client. Sans nouveaux moteurs à l époque, son appareil, configuré en rangées de cinq sièges (et non six comme Airbus et Boeing), ne permettait pas d'obtenir une cabine optimisée et donc de réduire suffisamment les coûts au siège, et ce, malgré un fuselage allégée par la grande proportion de matériaux composites. Aujourd'hui la donne a changé. Bombardier a opté pour le nouveau moteur Geared turbofan de l'américain Pratt & Whitney, qui apporte un gain de la consommation de carburant de 13 %.LUFTHANSA S'ENGAGE POUR 60 EXEMPLAIRESGrâce aux améliorations apportées sur le fuselage, le C-Series consommera 20 % de moins que les avions actuels de la même catégorie. Et les coûts d'exploitation seront réduits de 15 % au final. "La consommation s'élèvera seulement à deux litres aux 100 kilomètres par passager", selon Bombardier. Un record. Et une aubaine à l'heure de l'explosion du prix du baril. Il n'en fallait pas plus pour convaincre Lufthansa de s'engager pour 60 exemplaires. D'autres commandes pourraient être annoncées au cours du salon.Au cours des vingt prochaines années, Bombardier entend rafler "la moitié" du marché des avions de 100 à 149 places, qu'il estime à 6.300 appareils et 250 milliards de dollars. L'offensive canadienne reste néanmoins limitée à l'entrée de gamme des familles A320 et 737 (l'A318, les 737-600 et 700), celle qui se vend le moins par comparaison aux deux best-sellers A320 ou 737-800. Pour autant le C-Series et Pratt ont jeté le trouble sur les motoristes actuels d'Airbus et Boeing, CFM (joint-venture entre General Electric et Safran) et Rolls-Royce qui ont été contraints de riposter avec force (voir ci-dessous) . Pratt & Whitney , qui a aussi placé son moteur à Mitsubishi pour son futur avion régional, cherche à se placer chez Airbus et Boeing.

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