Échos d'une histoire soigneusement tue

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Est-ce parce que l'Italie a connu le fascisme que Federico Rampini raconte avec autant de finesse la Chine d'aujourd'hui ? Sans doute. Car ce célèbre journaliste, correspondant à Pékin du quotidien La Repubblica, ne se laisse pas prendre au mot d'ordre général du régime chinois : ne pensez pas au passé, enrichissez-vous !Pas dupe, il sait que dans le for intérieur de chaque Chinoisgît le souvenir terrible des souffrances subies et infligées. Et que ce passé ne passera pas.Le chroniqueur nous emmène en voyage dans les replis de la société chinoise. Les étapes peuvent être archiconnues, comme Xian et son armée de terre cuite, ou Shaoshan, village du Hunan qui vit naître Mao Zedong ; elles peuvent être inaccessibles, comme ce hameau du Sichuan à la jeunesse ravagée par l'opium et le sida. Mais toujours le journaliste sait dénicher le témoin cocasse ou tragique, raconter le pan d'histoire qui éclaire. La figure historique du président Mao est peinte de couleurs tantôt trop vives, tantôt trop sombres, qui la rendent méconnaissable. Federico Rampini s'efforce de la débarbouiller. Non sans égratigner les thuriféraires occidentaux du Grand Timonier.Federico Rampini, "l'Ombre de Mao", Robert Laffont, 336 pages, 20 euros.

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